"On est bien, on peut s’organiser comme on veut" : ces Français pas pressés de retourner au bureau après le 11 mai

Tant redouté au départ, le télétravail a convaincu nombre de ceux qui y ont été contraints depuis le 17 mars, et certains voient arriver avec crainte la date du déconfinement.

Une femme en télétravail (illustration).
Une femme en télétravail (illustration). (CLAIRE LEYS / FRANCE BLEU DRÔME-ARDÈCHE / RADIO FRANCE)

Depuis qu’elle a goûté aux joies du télétravail, confortablement installée dans son salon baigné de lumière, Céline, comptable en entreprise dans la région lyonnaise, ne veut plus entendre parler de déconfinement : "Quand Emmanuel Macron a annoncé le déconfinement pour le 11 mai, j’étais au bord de la dépression."

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"En vrai, on est bien, on peut s’organiser comme on veut, comme notre travail a besoin", poursuit la comptable qui a dû apprécier les annonces d’Edouard Philippe lors de sa présentation devant l’Assemblée nationale, mardi 28 avril, du plan de sortie du confinement. Le Premier ministre a indiqué que "le télétravail doit être maintenu partout où c'est possible", après le 11 mai "au moins dans les trois premières semaines"

Loin du bureau... et du chef

"Et après, Il y a un peu la peur du virus, reconnaît Céline, mais moi je connais plein de gens qui n’ont pas envie d’y retourner, et même ma fille elle n’a pas envie d’aller à l’école". Antoine, salarié dans une entreprise d’intérim, n’a pas franchement hâte de retrouver ses collègues, et encore moins son chef : "J’ai un responsable qui n’est pas du tout facile à vivre, donc c’est mieux quand il est loin de moi. Parce qu’il est aussi dans l’open space et parfois c’est compliqué." 

C’est beaucoup moins fatiguant de rester à la maison que d’aller travailler tous les jours dans ce bruit constant. Avec ce téléphone qui sonne tout le temps de partout, c’est très difficile de se concentrer.Antoine, salarié dans une entreprise d’intérimà franceinfo

Confinée dans sa maison des Pyrénées-Orientales, Marie n’a pas du tout envie, elle non plus, de repartir au bureau à 100% du temps. "Moi qui travaille à 45 km de mon lieu d’habitation, je passe une heure et demie à faire la route. D’une part ça me fait des économies de carburant, je pense que ça fait du bien à la planète et globalement je travaille une heure de plus par jour plutôt que d’être sur la route", argumente l’employée administrative.

Le télétravail, c’est plutôt une révélation pour les ruraux, bien plus que pour les urbains.Marie, employée administrativeà franceinfo

"Le confinement a été une épreuve psychique, explique Lucie Joly, psychiatre à l’hôpital Saint-Antoine. La grande majorité des gens ont mis du temps à s’adapter, à trouver un équilibre, une routine". Pour la psychiatre, le déconfinement, "tant espéré depuis plusieurs semaines, est devenu aujourd’hui source d’angoisse. Certaines personnes ne veulent pas se déconfiner". Cela dit, Marie sera quand même ravie de retrouver famille et amis, "je veux revenir dans la vie revoir mes amis, aller au restaurant, boire un coup en terrasse", et de pouvoir enfin sortir faire un tour sans devoir remplir son attestation.

Ces Français pas pressés de se déconfiner : écoutez le reportage de Gaële Joly
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