Nouveau protocole sanitaire à l'Education nationale : "L'appliquer dans sa totalité c'est illusoire", prévient un syndicat de chefs d'établissements

Audrey Chanonat, membre de l'exécutif national du Syndicat national des personnels de direction de l'Éducation nationale et principale d'un collège à La Rochelle réagit au nouveau protocole sanitaire applicable dans les établissements scolaires à partir du lundi 22 juin, publié par le ministère de l'Education nationale mercredi.

Une classe dans laquelle les bureaux sont espacés pour respecter les règles de distanciation, en Allemagne (illustration).
Une classe dans laquelle les bureaux sont espacés pour respecter les règles de distanciation, en Allemagne (illustration). (CHRISTOF STACHE / AFP)

Le nouveau protocole sanitaire contre le coronavirus applicable dans les établissements scolaires à partir du lundi 22 juin a été publié par le ministère de l'Éducation nationale mercredi 17 juin. La règle générale pour les établissements abolit la règle d'une surface de 4m² par élève dans les locaux comme dans les espaces extérieurs. "L'appliquer dans sa totalité c'est illusoire", a expliqué jeudi 18 juin sur franceinfo Audrey Chanonat, membre de l'exécutif national du SNPDEN, le Syndicat national des personnels de direction de l'Éducation nationale, principale d'un collège à La Rochelle.

franceinfo : Est-ce que ce protocole vous convient ?

Audrey Chanonat : Nous avons été ravis de la voir arriver sur nos boîtes mail hier soir à 21h40. Il était temps, plus que temps, que nous puissions essayer d'accueillir dans les meilleures conditions possibles nos élèves. Tout n'est pas applicable dans la nouvelle version du protocole. La circulation des élèves où les croisements doivent être évités, les brassages des classes doivent être limités et dans un établissement de 915 élèves c'est extrêmement difficile. Pour la cantine, le protocole recommande de faire manger les élèves classe par classe, de façon à ce que les élèves ne soient pas brassés entre eux et ensuite d'assurer la circulation pour éviter qu'ils se croisent. C'est une véritable gageure.

Qu'est ce qui est applicable ?

Il est beaucoup plus pragmatique que la première version qui nous avait été envoyée, notamment la distanciation sociale qui n'était pas applicable dans les classes. Cela va être un peu plus possible. En revanche ce qui nous inquiète au SPDEN c'est l'urgence dans laquelle on nous oblige à travailler. Recevoir le protocole hier ne nous laisse que deux jours pour préparer l'ensemble des élèves. C'est compliqué à mettre en œuvre, à faire avancer. Donc nous allons évidemment avoir des difficultés à être prêts lundi matin.

Est-ce une bonne chose de le changer pour deux semaines ?

Nous sommes chefs d'établissements, nous sommes tous absolument convaincus que la place des élèves c'est en face de leurs professeurs et à l'école. Donc nous ne pouvons que nous féliciter du retour des élèves. En revanche, il reste deux semaines, nous sommes sur des échéances qui concernent l'orientation, les avis de passage, la fin des conseils de classe. Nous demandons aussi au SPDEN qu'on nous laisse préparer la rentrée.

Que se passe-t-il si un élève est contaminé ?

Notre responsabilité en tant que chefs d'établissement est toujours engagée. Nous appliquons le protocole nationale, à partir du moment où nous pouvons l'appliquer jusqu'au bout nous sommes protégés par ce protocole. Après bien sûr nous sommes chefs d'établissement et nous sommes responsables de la sécurité de nos élèves. Ce protocole ne permet pas un retour en toute sécurité parce que le virus circule nous ne savons pas contrôler cet ennemi invisible. Dans les meilleures conditions possibles, oui, mais l'appliquer dans sa totalité c'est illusoire.