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Météo : depuis le début du confinement, "c'est la Franche-Comté qui a emmagasiné le plus de soleil"

Franceinfo a interrogé un prévisionniste de Météo France au sujet du beau soleil qui brille sur la moitié nord de la France depuis début avril.

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France Télévisions
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Deux promeneurs apprécient le beau temps au bois de Vincennes à Paris, le 17 avril 2020. (THOMAS CYTRYNOWICZ / AFP)

Derrière les vitres, le soleil nargue nos vies confinées en pleine épidémie de coronavirus, en ce mois d'avril radieux. Le printemps est-il particulièrement ensoleillé par rapport aux années précédentes ? Y a-t-il des risques de sécheresse ? Pour répondre à ces interrogations, Franceinfo a interrogé un prévisionniste de Météo France, Patrick Gallois.

Franceinfo : C'est normal, ce beau temps exceptionnel alors qu'on ne peut pas sortir ?

Patrick Gallois : C'est une impression, il ne faut pas avoir une vision trop parisianiste ! En réalité, il ne fait pas beau partout. Il pleut sur une bonne partie du pays, du niveau de la Loire jusqu'à la Méditerranée.  Mais il y a effectivement du soleil dans le nord de l'Hexagone.

C'est la Franche-Comté qui a emmagasiné le plus de soleil. Météo France a ainsi enregistré 212 heures de soleil du 1er au 18 avril dans la ville de Luxeuil, en Haute-Saône (soit 12 heures de soleil par jour), contre 106 heures seulement à Tarbes (Hautes-Pyrénées) : c'est deux fois moins.

On note aussi des taux d'ensoleillement élevés dans d'autres villes proches de la Franche-Comté comme à Colmar, dans le Haut-Rhin, ou à Dijon, en Côte-d'Or. Beau temps encore constaté en avril sur l'Ile-de-France, en Alsace, en Lorraine, en Normandie. Paris a affiché depuis le début du mois des taux supérieurs à la normale avec 166 heures de soleil. Un joli chiffre, mais inférieur néanmoins de 50 heures à celui de Luxeuil. 

N'y a-t-il pas des risques de sécheresse ?

La sécheresse ne dépend pas uniquement de la pluie au printemps, mais aussi de celle qui est tombée en automne et en hiver. Or, ces deux dernières saisons ont permis une bonne recharge des nappes phréatiques. 

Cela dit, il y a des régions où il n'est pas tombé une goutte de pluie depuis un mois. A Saint-Dizier (Haute-Marne) par exemple, il n'a pas plu depuis 36 jours, un record absolu de période sans pluie pour cette station. Même lors de la grande sécheresse de 1976, cela n'était pas arrivé ! Cette sécheresse a peut-être déjà des effets sur les cours d'eau : le Doubs est un peu à sec à Pontarlier (Doubs). Mais elle n'est pas présente partout, juste sur une petite moitié nord depuis qu'on est confinés.

Si cela dure, ce sera désagréable, mais, pour l'instant, cette sécheresse n'est pas avérée. Il y a pas mal d'endroits où il n'a pas beaucoup plu, mais cela n'a rien à voir avec 1976 car l'hiver qu'on a connu n'est pas celui de 1976. Cette année-là, la sécheresse avait commencé dès décembre 1975.

Peut-on dire, néanmoins, qu'il s'agit d'un mois d'avril particulier ?

Non. Cela arrive d'avoir un mois d'avril sans pluie. Contrairement à ce que dit le dicton ("En avril, ne te découvre pas d'un fil, en mai, fais ce qu'il te plaît"), le mois de mai est plus pluvieux que celui d'avril. Et il n'est pas non plus exceptionnel qu'il fasse plus beau et plus chaud dans le nord que dans le sud du pays en avril.

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