Si l'accélération des contaminations se poursuit en Nouvelle-Aquitaine, il faudra "réouvrir des lits et augmenter notre voilure"

La ville de Bordeaux compte en moyenne 151 cas pour 100 000 habitants, et la région est la deuxième la plus touchée en France.

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Radio France
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Le port du masque est obligatoire dans le centre-ville de Bordeaux. (BONNAUD GUILLAUME / MAXPPP)

En Nouvelle-Aquitaine, le taux d'incidence du virus, nombre de nouveaux cas pour 100 000 habitants, dépasse les 65 cas. Il dépasse même les 151 cas à Bordeaux. La Nouvelle-Aquitaine est désormais la deuxième région la plus touchée en France métropolitaine. "Si cette accélération se poursuit, il nous faudra modifier les organisations de nouveau" dans les hôpitaux, a commenté jeudi 10 septembre sur franceinfo Benjamin Clouzeau, médecin réanimateur au CHU de Bordeaux.

La situation s'accélère très nettement. Le taux d'incidence a été multiplié par dix en quinze jours.

Benjamin Clouzeau

à franceinfo

"Nous notons cette forte accélération dans l'arrivée des malades à l'hôpital. Pour l'instant, ça ne représente qu'une vingtaine de malades en réanimation. Mais notre crainte est que ce taux d'incidence, qui est extrêmement fort, à plus de 470 pour 100 000 sur la population jeune, finisse par diffuser dans les populations les plus à risque, les plus âgées, et que ce phénomène s'accélère fortement dans les jours à venir", explique le médecin.
 
"Ces nouveaux malades Covid de cette seconde vague sont venus s'ajouter à la forte activité qui avait repris cet été", souligne Benjamin Clouzeau. Si le nombre de contaminations continue de s'accélérer, il faudra "réouvrir des lits et augmenter notre voilure afin d'absorber ces patients".

La problématique des soignants contaminés

Le médecin du CHU de Bordeaux pointe une "problématique" repérée parmi les soignants. "Ils font partie de cette population des 20-40 ans et eux-mêmes sont impactés par ces contaminations et sont donc mis en quarantaine. Nous avons donc un peu de difficulté pour pouvoir ouvrir les lits dont nous avons besoin. Cela va être un des problèmes majeurs que nous aurons à gérer : c'est l'impact de ces contaminations parmi nos soignants."
 
Benjamin Clouzeau tient par ailleurs à alerter cette population jeune, "qui se sent à tort invulnérable et qui a mis un peu de côté les mesures barrières. La crainte, c'est qu'ils vont rentrer chez eux, retourner au travail et ramener le virus à leurs collègues et à leurs parents qui, eux, ont 60 ans et qui vont faire des formes plus graves."

Il rappelle que même dans les populations les plus jeunes, "on peut faire des formes graves de Covid. C'est la crainte principale". Il met en avant un cas à Bordeaux, "une jeune patiente de 14 ans en état grave pour une pathologie Covid". Il précise que "cela reste exceptionnel, cela reste rarissime. Il ne faut pas affoler les gens avec ça. Mais on peut faire des formes graves de Covid, même jeune", alerte le médecin.
 

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