Nouveau protocole sanitaire à l'école : "C'est une bonne solution", estime l'épidémiologiste Philippe Amouyel

Le ministère de l'Education nationale va expérimenter dans une dizaine de départements un nouveau protocole sanitaire dans les écoles primaires pour n'isoler que les cas positifs.

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Radio France
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Des élèves de l'école de l'Yser à Saint-Lô (Manche), le mardi 27 avril 2021. (LUCIE THUILLET / RADIO FRANCE)

"C'est une bonne solution", réagit le professeur de santé publique au CHU de Lille Philippe Amouyel, mardi 28 septembre sur franceinfo, au sujet de l'expérimentation d'un nouveau protocole sanitaire pour les écoles primaires. Le ministère de l'Education nationale va expérimenter "probablement dès le début de la semaine prochaine", dans une dizaine de départements, un nouveau protocole consistant à tester tous les élèves d'une classe s'il y a un cas de Covid-19 et à isoler seulement les cas positifs, a annoncé ce mardi Jean-Michel Blanquer sur franceinfo. Jusqu'à présent dans les écoles, dès le premier cas de Covid détecté, la classe était fermée et les apprentissages étaient poursuivis à distance.

franceinfo : Sur le principe, ce nouveau protocole semble-t-il logique ?

Philippe Amouyel : Oui, c'était quelque chose qui était recommandé par les épidémiologistes. Les expériences allemandes et autrichiennes se sont montrées très efficaces. Le Conseil scientifique l'avait aussi recommandé le 13 septembre. C'est une bonne solution. En Allemagne, il y a des tests systématiques qui sont généralisés deux fois par semaine pour pouvoir identifier très tôt les cas positifs et les isoler sans avoir à fermer de classes.

En France, ce dépistage sera donc réservé aux classes où il y a un cas avéré c'est bien cela ?

Oui, avec l'hypothèse, si la logistique peut suivre, d'un dépistage systématique. Puisqu'on se rend compte qu'avec un dépistage par semaine de la moitié des élèves, on arriverait à réduire très significativement la circulation du virus dans les classes et à diminuer le risque de fermeture. L'expérience qui va être faite a l'intérêt d'éviter de fermer une classe lorsqu'il n'y a qu'un cas détecté.

"On est dans une phase descendante, donc il faut sortir progressivement de nos mesures de restrictions pour éviter une reprise qui remettrait les compteurs à zéro"

Philippe Amouyel, professeur au CHU de Lille

à franceinfo

Est-ce pertinent qu’il y ait des différences entre les départements, entre ceux qui exigent le port du masque en primaire ou non en fonction du taux d'incidence ?

Là, enfin, on travaille en faisant du comparatif. On peut voir s'il y a une stratégie qui est meilleure que l'autre. Et voir si cette stratégie peut s'appliquer à 50 ou 100 de taux d'incidence. Je pense que c'était important d'avancer progressivement. De cette manière, si un jour on doit à nouveau faire face à ça, on pourra tout de suite mettre en place le bon protocole.

Est-ce-que l'on pourra enlever ensuite le masque partout ?

Enlever le masque au primaire, dans les départements en dessous de 50 de taux d'incidence oui. Mais l'enlever partout, non. Il faut rester sur cette logique de surveillance du niveau de contamination. Plus il est faible, plus le risque est faible, plus faire tomber le masque chez les enfants d'élémentaire pourra être utile et efficace. Pour faire du bon tester/tracer/isoler, il faut être en dessous de 5 000 cas. Parce qu'à ce niveau, on peut bien contrôler les entrées et les sorties. 

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