Masques chirurgicaux pour les enseignants : pas suffisant pour les syndicats

Le Premier ministre Jean Castex l'a annoncé jeudi matin: le gouvernement va fournir des masques chirurgicaux aux enseignants d'ici la fin du mois. Mais les syndicats d'enseignants pointent les lacunes de cette décision.

Article rédigé par
Laurence Méride - franceinfo
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 2 min.
Une classe de l'école primaire de Saint-Lô (Manche) le 27 avril 2021 (LUCIE THUILLET / FRANCE BLEU COTENTIN / RADIO FRANCE)

Jusqu'à présent, les enseignants n'avaient reçu que des masques en tissu de la part de l'administration pour se protéger du Covid-19. L'annonce faite jeudi 6 janvier par le Premier ministre, promettant la distribution avant la fin du mois de masques chirurgicaux "à tous les personnels enseignants" est saluée par les syndicats de l'Éducation nationale, qui le réclamaient depuis un an et demi pour remplacer les masques en tissu jugés "inconfortables et inefficaces".

Mais le Snes-FSU déplore tout de même un retard à l'allumage de la part du gouvernement : ces masques vont arriver fin janvier, certainement après le pic épidémique. C'est trop tard, estime le syndicat, parce que c'est maintenant que le nombre de cas explose. Et il ne faut pas équiper seulement les enseignants, mais l'ensemble du personnel des établissements, souligne Sophie Vénétitay, la secrétaire générale du Snes-FSU jointe par franceinfo : le gouvernement oublie "les surveillants des collèges et lycées, qui sont face à des élèves pas toujours masqués, notamment quand ils surveillent la cantine. On va être très vigilants : il faut bien que tous les adultes des collèges et des lycées soient équipés en masques chirurgicaux, voire en masques FFP2."

Masques FFP2 et retour au protocole antérieur

En plus des masques chirurgicaux, les syndicats veulent effectivement des masques FFP2, spécifiquement pour les enseignants de maternelle puisque les moins de 6 ans ne portent pas de masques. Le Snics-FSU, syndicat majoritaire des infirmiers et infirmières de l'Education nationale, déplore ainsi se retrouver "dans la même configuration qu'en 2020, quand il n'y avait pas de masques du tout", comme le dit sa secrétaire générale adjointe du Snics-FSU, Sylvie Magne, sur franceinfo : "On sait bien que le masque en tissu n'est pas suffisamment protecteur. Nous, ce qu'on demande, c'est que des FFP2 soient fournis."

Jeudi matin le Premier ministre a dit que ce n'était "pas prévu à ce stade"Jean Castex attend l'avis du Haut Conseil de la santé publique sur l'utilisation des masques FFP2, tout en rappelant que les masques chirurgicaux de type FFP1 sont déjà "très protecteurs".

Les syndicats réclament également le retour de la fermeture des classes dès l'apparition d'un cas de Covid-19 parmi les élèves. Excédés depuis la mise en place, lundi 3 janvier, du nouveau système de dépistage en primaire, avec trois tests à effectuer en cinq jours, ils vont donc demander un retour au protocole appliqué dans les écoles au début de la pandémie. 

Une réunion en visio-conférence a lieu jeudi après-midi avec le ministre de l'Éducation nationale, Jean-Michel Blanquer. Les organisations syndicales vont également aborder toutes les questions en suspens : sur les tests, les capteurs de CO2, l'aération... Bref, tout ce qui doit permettre dans l'urgence de sécuriser les écoles, les collèges et les lycées. 

Pour les lycées justement, les première épreuves du baccalauréat arrivent à grands pas : c'est dans huit semaines, à partir de début mars. Pour éviter les inégalités entre les candidats, les syndicats du secondaire demande un report des examens au mois de juin.

Réactions d'enseignants à la distribution annoncée de masques chirurgicaux : reportage de Louise Buyens dans une école de Seine-Saint-Denis
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