Masques chirurgicaux lavables et réutilisables : "Il faudrait que les tests soient faits sur l'ensemble des masques", estime un médecin

Pour Bruno Grandbastien, président de la Société française d’Hygiène Hospitalière, les masques en tissus, lavable 50 fois, restent plus écologiques et sûrs pour limiter la propagation du Covid-19.

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Radio France
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L'association de consommateurs UFC-Que Choisir a annoncé mercredi 11 novembre que les masques chirurgicaux portés contre le Covid-19 "conservent de très bonnes capacités de filtration après 10 lavages en machine à 60°". Selon l'étude menée par l'association, ces masques, destinés à être jetés après quatre heures d'utilisation ou dès qu'ils sont humides, restent "bien au-dessus des exigences minimales des masques en tissus" certifiés Afnor, même après plusieurs cycles en machine.

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"Je ne suis pas surpris par ces résultats", a réagi sur franceinfo Bruno Grandbastien, médecin hygiéniste, président de la Société française d’Hygiène Hospitalière. Il souligne que "des études préalables avaient montré qu'un masque à usage médical résistait à des opérations de lavage, y compris à 60 degrés, et qu'il gardait son intégrité et des capacités de respirer habilité au bout de quelques lavages".

Les masques en tissus lavables 50 fois

Mais Bruno Grandbastien pointe "une difficulté" sur ce que révèlent les tests de l'UFC-Que Choisir. L'association "a travaillé sur quelques modèles de masques. Et les fabricants de ces masques s'engagent uniquement pour un masque à usage unique". Pour le médecin, il faudrait que ces tests soient réalisés "sur l'ensemble des masques et que les fabricants s'engagent à garantir une intégrité et les mêmes résultats que cette étude pour l'ensemble des masques".

Le président de la Société française d’Hygiène Hospitalière rappelle qu'il y a "aujourd'hui les masques en tissus qui répondent à ce besoin pour le grand public. Ils ont d'ailleurs été faits à cet effet". Ils sont recommandés pour le grand public "pour les transports en commun, pour les espaces publics", précise Bruno Grandbastien. Ces masques en tissus sont "lavables jusqu'à cinquante fois pour certains modèles. Le fabricant s'engage à garantir la qualité de filtration et de respirabilité jusqu'au nombre de lavages qu'il garantit", ajoute le médecin.

"Des polluants importants"

Bruno Grandbastien estime par ailleurs que le masque en tissu reste la protection la plus écologique contre le Covid-19 "puisqu'on ne jette pas les masques, donc on ne pollue pas". Il souligne que les masques à usage unique ont "une durée de vie extrêmement longue dans l'environnement avant de se dégrader. Ce sont vraiment des polluants importants. Par contre, à l'hôpital ou en milieu de soins, on recommande des masques à usage unique".

Bruno Grandbastien tient à rappeler la bonne utilisation des masques chirurgicaux qui ne doivent  pas être portés plus de quatre heures : "Ne pas le manipuler, sinon on se contamine les mains, on se frotte les yeux, on peut se contaminer". Il faut enfin "avoir le geste d'hygiène des mains adapté, c'est à dire se frictionner très régulièrement les mains avec un produit hydro alcoolique".

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