Masque en répétition, adaptation de la mise en scène, doublure pour les acteurs malades... Au Théâtre de la Ville, la saison reprend en s'adaptant au coronavirus

Emmanuel Demarcy-Mota, directeur du théâtre parisien et metteur en scène a dû revoir tout le dispositif des "Sorcières de Salem", spectacle dans lequel Élodie Bouchez a le premier rôle.

Article rédigé par
Lou Bourdy - franceinfo
Radio France
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Une répétition des "Sorcières de Salem" mis en scène par Emmaneul Demarcy-Mota au Théâtre de la Ville, en septembre 2020. (LOU BOURDY / FRANCEINFO)

Imaginez sur scène des comédiens qui jouent, se jettent au sol et crient tout en portant un masque sur le nez et la bouche. Depuis la salle, Emmanuel Demarcy-Mota, metteur en scène et directeur du Théâtre de la Ville, veille au respect des gestes barrières : "Vous pouvez enlever votre masque à partir du moment où vous êtes à plus de deux mètres cinquante de quelqu'un. Mais vous ne parlez pas avec, évidemment, sans masque".

Il a dû revoir toute sa mise en scène des "Sorcières de Salem", la pièce d'Arthur Miller dont il n'avait donné que trois représentations en mars à cause du confinement. Le spectacle est de nouveau à l'affiche depuis le 8 septembre et jusqu'au 10 octobre. Les acteurs sont masqués lors des répétitions, le temps d'adopter les nouveaux placements sur scène.

Mon travail aujourd'hui, c'est de recorriger, retravailler un spectacle en prenant soin de chacun.

Emmanuel Demarcy-Mota

à franceinfo

"Prendre soin de l'autre, explique le metteur en scène, ça veut dire demander à un acteur de se positionner un peu plus loin d'un autre. Demander à un spectateur de venir un peu plus tôt au théâtre, à un technicien de garder son masque en permanence pendant la représentation, c'est dire à tout l'équipage d'un théâtre de prendre soin les uns des autres."

Des masques noirs pour aller avec le rideau

À chaque répétition, c'est la même chorégraphie : gel hydroalcoolique entre deux scènes et on remonte le masque sur son nez. Même si parfois, lorsqu'un comédien souhaite se faire discret, le masque blanc sur les rideaux noirs, pose problème. "Comme la technique a les masques noirs, c'est parfait. On peut prévoir pour vous un jeu de masques noirs aussi, qui pourrait servir pour ça, mais qui doit être nominatif", indique Emmanuel Demarcy-Mota à sa troupe. 

Sur scène, les comédiens et comédiennes ont l'air d'avoir du mal à respirer. Certains transpirent, d'autres partent carrément prendre l'air. "Élodie au plateau. On l'a entendu ? Elles nous a entendus ?", s'inquiète le metteur en scène au sujet de l'actrice Élodie Bouchez qui occupe le premier rôle de la pièce. "Je ne cache pas que c'est très désagréable. Je ne sais pas comment ça peut agir aussi sur la respiration", nous confie-t-elle.

On a vraiment besoin de la respiration. Moi, j'en suis sûre, même si on nous dit non, non, il n'y a pas de souci.

Elodie Bouchez

à franceinfo

"On ne respire pas de la même manière, on respire moins bien, on respire différemment, poursuit Élodie Bouchez. Pour nous, ça va être un exercice du passage de l'état masqué, avec tout ce que cela comporte physiologiquement, à l'état libre"Et si jamais un comédien tombe malade, tout est prévu. Ils possèdent chacun une doublure prête à les remplacer. 

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