Covid-19 : recommander le masque dans les lieux clos n'est qu'une "mesure d'attente", déplore l'infectiologue Gilles Pialoux

Le chef du service des maladies infectieuses et tropicales de l'hôpital Tenon à Paris regrette sur franceinfo que le gouvernement n'ait pas utilisé la "période de plat relatif" du printemps pour instaurer des messages de prévention à plus long terme.

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Radio France
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Un homme met un masque dans un supermarché. (VANESSA MEYER / MAXPPP)

Après la ministre de la Santé Brigitte Bourguignon, c'est au tour d'Elisabeth Borne, la Première ministre, de recommander le port du masque sanitaire dans les lieux clos, face à la forte augmentation du nombre de cas de Covid-19. Un message relayé par Jean-Pierre Farandou, le PDG de la SNCF, qui invite les passagers au "civisme" dans les trains et dans les gares. L'infectiologue Gilles Pialoux, lui, déplore mercredi 29 juin sur franceinfo "une mesure d'attente".

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franceinfo : Que pensez-vous de cette recommandation de la Première ministre sur le port du masque dans les lieux clos ?

Gilles Pialoux : Je pense que c'est une ligne politique qui, compte tenu de ce qu'on voit, de ce variant qui s'appelle BA5 et de la montée des chiffres, est une mesure d'attente. C'est-à-dire une mesure d'attente par rapport à des mesures de contrainte de masse. Je ne vois pas pourquoi les Français seraient plus malins qu'en Espagne, en Italie ou en Grèce. On aurait dû utiliser ce temps de calme relatif pour justement instaurer des messages de prévention qui dépassent le cadre du masque. Les gens n'achètent quasiment plus de solutions hydro-alcooliques. Il y a une petite augmentation des tests sur cette semaine qui est une très bonne nouvelle. Donc oui, je pense que c'est une période d'attente et c'est un petit peu aussi un calendrier politique.

Au-delà des transports en commun, faut-il remettre le masque plus généralement ?

C'est une décision politique. Ce qui est vrai avec le variant BA5 qui est dominant, c'est l'augmentation de la transmissibilité. Il est extrêmement contagieux et rend plus malade que les premiers variants Omicron. Alors évidemment, on peut faire appel à la civilité et à la responsabilité individuelle. Mais là, on est en pleine montée de vague. C'est compliqué tout d'un coup de changer la culture des gens. On a à gérer des vagues, mais elles ne sont pas du tout à banaliser.

Faut-il remettre le masque au travail ?

Ça dépend des conditions de travail. Là aussi, on aurait pu continuer d'installer un peu de prévention. Maintenir du télétravail quand c'est possible, oui. Mais il y a un autre terrain qui n'a pas du tout été investi, malgré les avis des conseils scientifiques et des experts : c'est toute la question de l'aération et des dépisteurs de CO2, des filtres, etc. Dans les écoles, on n'a pas avancé.

Peut-on espérer que les vacances scolaires qui débutent vont freiner cette septième vague ?

Bien sûr. Il y aura une partie de freinage qui est due au fait qu'on sait maintenant que l'univers scolaire, avec une vaccination très faible des enfants, est un lieu de propagation du virus. Ça, c'est très clair avec l'absence de fermetures de classes. Sur ce point-là, il y aura une part de freinage, mais l'été est la période où aussi on voyage beaucoup plus. Et le taux de port du masque dans les transports en commun, dans les trains, les avions est d'un niveau très bas.

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