Covid-19 : ne plus porter "le masque en extérieur ne devrait pas poser de problème", estime le chercheur Pascal Crepey

Le scientifique se dit toutefois inquiet de la situation au Royaume-Uni et de l'apparition du nouveau variant Delta.

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Radio France
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Pascal Crepey, épidémiologiste et enseignant chercheur a l'École des Hautes Etudes en Sante Publique de Rennes (EHESP). (VINCENT MICHEL / MAXPPP)

Alors que de plus en plus de voix s'élèvent pour mettre fin au port du masque à l'extérieur, Pascal Crépey, enseignant-chercheur en épidémiologie et en biostatistique à l’école des hautes études de santé publique à Rennes, interrogé sur franceinfo lundi 14 juin, estime que "le port du masque en extérieur n'a jamais été la mesure de santé publique la plus efficace contre le virus", car "l'essentiel des transmissions se fait plutôt en intérieur" et donc ne plus "porter le masque en extérieur ne devrait poser de problème particulier" dans le "contrôle de l'épidémie", ajoute-t-il.

franceinfo : Vous êtes d'accord avec ceux qui disent qu'on peut faire tomber le masque à l'extérieur maintenant ?

Pascal Crépey : Oui, il est vrai que le port du masque en extérieur n'a jamais été la mesure de santé publique la plus efficace contre le virus. Parce que les transmissions en extérieur sont relativement rares, même s'il est possible de se contaminer en extérieur, l'essentiel des transmissions se fait plutôt en intérieur, donc ça avait certainement une vertu un peu symbolique, histoire de rappeler un peu à tout le monde que le virus était parmi nous et que l'épidémie était toujours présente et qu'il fallait porter le masque mais essentiellement en intérieur. Le fait que l'on s'achemine vers un retrait de l'obligation de porter le masque en extérieur a priori, ne devrait poser de problème particulier vis à vis du contrôle de l'épidémie.

"Il y a malheureusement fort à parier que ce variant Delta circule dans la population."

Pascal Crepey

à franceinfo

Des voix s'élèvent pour demander la fin du couvre-feu à 23h. Est-ce qu'il est nécessaire, ce couvre-feu à cette heure-là pour les deux prochaines semaines ?

En fin d'année dernière, lorsque les premiers couvre-feu ont été mis en place, la plupart des épidémiologistes et moi-même, y compris, n'étions pas très convaincus par l'impact de ces couvre-feu et on a été plutôt surpris de leur impact. L'intérêt de ce type de mesure, c'est la réduction des contacts. Moins on est en contact avec des gens, moins on a de risque d'infecter ou de se faire infecter. Donc, il y a toujours un intérêt d'un point de vue épidémiologique à ce type de mesure si l'on veut garder le contrôle sur l'épidémie. Maintenant, avec la décroissance de l'incidence et si nous restons sur une baisse constante de cette incidence, on peut commencer à imaginer une levée de ce type de mesures. Mais à condition de bien rester sur cette décroissance épidémique.

Il faut de toute façon rester vigilant notamment quand on voit la situation au Royaume-Uni. Est-ce qu'elle vous inquiète ?

Oui, très clairement. On se trouve aujourd'hui un peu dans la situation dans laquelle nous étions à la toute fin décembre de l'année dernière. Face à un nouveau variant qui se transmet plus facilement qui remplace le variant qui circulait jusqu'à présent et qui malheureusement, parce qu'il se transmet plus facilement, va être plus difficile à contrôler. On a malheureusement déjà un peu raté l'étape qui consistait à empêcher ce variant d'arriver sur notre territoire. On voit de plus en plus de clusters liés à ce variant Delta dans différentes régions de France. Il va être freiné par l'été et freiné par les différentes mesures qui sont encore en vigueur aujourd'hui. Mais malheureusement ce variant risque de changer la dynamique de l'épidémie et en particulier à la rentrée.

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