Covid-19 : la crise sanitaire, une source d'innovations à l'hôpital de Brest

Masques de plongée détournés, visières, ventilateurs plus efficaces... Les soignants de l'hôpital breton ont travaillé avec des industriels, des ingénieurs et des étudiants dès le début de l'épidémie pour faire face aux pénuries de matériel.

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Edité par Winny Claret - Solenne Le Hen
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 2 min.
Une infirmière en réanimation s'équipe du masque de plongée intégral Décathlon à l'hôpital de Brest, le 15 mai 2020. (QUEMENER YVES-MARIE / MAXPPP)

Malgré ses conséquences dramatiques et multiples, la pandémie de Covid-19 est aussi un moyen de faire avancer la science et la médecine. Depuis des mois, c’est l’occasion d’innover à l’hôpital, d’inventer et de créer des outils pour mieux soigner, pour mieux protéger les soignants contre le virus. Àl’hôpital de Brest, le service de réanimation est en pointe sur toutes ces innovations.

Avant d’entrer dans la chambre d’un malade, Cat met son masque de plongée, "Je le cale bien sur le visage, il est vraiment bien étanche. Là je peux rentrer comme je veux dans les chambres". Un masque intégral vendu habituellement dans les magasins de loisirs Décathlon, que cette aide-soignante en service de réanimation a adopté depuis plusieurs mois pour se protéger du virus. "Ça nous prend vraiment tout le visage, décrit-elle. Si l'on plonge la tête dans l'eau, elle ne rentre pas. Là c'est pareil, pour les projections, pour tout, c'est vachement bien."

Un masque de plongée intégral pour se protéger

Le masque est doté d'un petit embout sur le haut : "C'est le filtre anticovid", explique Cat. Un filtre qui remplace le tuba fabriqué exprès par un industriel. "On a 25 types d'embouts différents", détaille Erwan L'Her, le chef du service réanimation. C’est lui qui a introduit ces masques de plongée intégraux pour protéger ses équipes. D’ailleurs, aucun soignant du service n’a encore été contaminé par le coronavirus. "On a testé les micros à l'intérieur pour communiquer, des systèmes pour mieux voir, etc", explique-t-il.

"C'est un peu le règne de la bidouille, mais il faut se rappeler que l'on était dans la pénurie au début de l'épidémie."

Erwan L'Her, chef sur service de réanimation de l'hôpital de Brest

à franceinfo

Le règne de la bidouille... Ça se voit en entrant dans son bureau. "En ce moment, c'est plus mon hangar que mon bureau". Les cartons s’entassent, remplis de "ventilateurs de crise inventés par un collectif de plus de 250 ingénieurs". Des respirateurs, des visières, des embouts pour respirateurs... Erwan L'Her explique : "Avec Michelin et le collectif des industriels bretons, on a fabriqué des embouts de ventilation multiple. Habituellement il y a un tuyau qui sort pour un patient donné, là on divise le flux en quatre."

À chaque fois, l’hôpital de Brest a travaillé avec des ingénieurs, des industriels, des étudiants, des fab lab : des mondes souvent étrangers aux hôpitaux. "Le fait de mettre autant d'intelligences ensemble fait que ça bouillonne, ça avance à une vitesse extraordinaire, assure le chef du service réanimation. Il y a eu plein de projets collaboratifs. Bien entendu, ils ne peuvent pas tous aboutir, certains sont des échecs, d'autres fonctionnent plus ou moins bien. Mais on a pris le meilleur de ce collectif et clairement ça fait avancer." Le médecin espère conserver ces contacts après la crise du Covid-19.

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