Coronavirus : les pays nordiques toujours pas convaincus de la nécessité de porter un masque

Alors que le masque est obligatoire en France dans les lieux publics clos, et depuis cette semaine parfois dans la rue, certains pays n’en font pas autant. Plusieurs États nordiques refusent encore de demander à leur population de porter un masque.

Article rédigé par
Elise Delève, édité par - franceinfo
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 2 min.
Un panneau d'information demande aux gens de garder une distance sociale sur une jetée de baignade à Malmö, en Suède, le 25 juin 2020 (illustration). (JOHAN NILSSON / TT NEWS AGENCY)

Dans les rues, dans les supermarchés, dans les bus… pas de masques. La Suède, la Norvège, le Danemark et la Finlande et leurs plus de 25 millions d’habitants vivent dans un monde très différent du reste de la planète. Selon un sondage YouGov, 5 à 10 % des sondés de ces États portent un masque contre 80 % dans d’autres, comme aux États-Unis où même Donald Trump a fini par l’enfiler ; ou en France où il est obligatoire dans les lieux publics clos et où on envisage de le rendre obligatoire en extérieur. Les quatre pays nordiques attendent toujours des "preuves" de son efficacité.

Le télétravail comme protection

En Suède, seul le personnel de santé est invité à porter le masque. Le pays a pourtant un niveau de contamination par habitant parmi les plus élevés d'Europe avec 80 100 cas de Covid-19 enregistrés et 5 739 décès mais elle n’a décrété ni confinement, ni fermeture des écoles, ni des cafés, bars ou restaurants. Le pays a misé sur l'immunité collective. Une stratégie jugée laxiste par certains États qui a entraîné un temps d’isolement, même ses voisins nordiques lui ayant condamné leurs frontières. Pour autant, l'Agence suédoise de santé défend une stratégie "à long terme". Si une baisse du nombre de nouveaux cas est actuellement enregistrée, elle note toutefois que si les "contacts augmentent à nouveau, il y a un risque considérable d'une nouvelle propagation au cours de l'automne". Ainsi la mesure phare des autorités pour limiter la promiscuité, notamment dans les transports, est d’encourager le télétravail au moins jusqu’au Nouvel An.

Nous avons toujours cherché à mettre en place des mesures durables et à faire preuve d'endurance dans le travail de longue haleine que nous allons devoir accomplir pour lutter contre cette pandémie.

Anders Tegnell, épidémiologiste en chef

Conférence de presse du 30 juillet     

Le masque "n'a pas de sens"

Au Danemark, 13 000 personnes ont été infectées par le coronavirus et un peu plus de 600 sont mortes. L’autorité sanitaire a timidement recommandé le masque début juillet après un avis de l'OMS. Mais dans des cas très limités, notamment quand on va se faire tester à l'hôpital ou dans les transports de retour d'une zone à risque. Sans complexe, en chemise d’été, le directeur de l’autorité danoise de la santé, Søren Brostrøm, a expliqué à la télévision : "À l'heure actuelle, le masque n'a pas de sens car le nombre de contamination est très bas. Mais à plus long terme est-ce que ça peut être utile dans les transports ou autre ? On doit bien sûr l'évaluer."

Même état d’esprit en Norvège, qui s’estime "chanceuse" et attend une augmentation des cas pour rendre le masque obligatoire. Elle dénombre pour l’heure 9 100 contaminations et 255 morts. En Finlande, (7 400 cas recensés et 330 morts) le responsable de l’autorité sanitaire a remis la question du masque à plus tard.

On verra ça à la rentrée, quand les gens reviendront de congés. 

Mika Salminen, un responsable de l'autorité finlandaise

Seule l'Islande, cinquième des pays nordiques qui jusqu'ici s'était refusée à toute recommandation sur les masques, a changé son fusil d'épaule. Les autorités ont annoncé jeudi 30 juillet que le masque serait désormais nécessaire dans les transports en commun, vols intérieurs, ferries et salons de coiffure.

Les pays nordiques refusent toujours d'imposer le masque. Le point avec Élise Delève. - 0
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