Coronavirus : le client d'une laverie passé à tabac après avoir demandé le port du masque, un suspect interpellé

L'agression s'est déroulée dimanche dans une laverie automatique de la ville de Soisy-sous-Montmorency (Val-d'Oise).

Un homme porte un masque dans un magasin, le 21 juillet 2020 à Nantes (Loire-Atlantique).
Un homme porte un masque dans un magasin, le 21 juillet 2020 à Nantes (Loire-Atlantique). (ESTELLE RUIZ / HANS LUCAS / AFP)

Nouvelle agression sur fond de port de masque. Un client d'une laverie de Soisy-sous-Montmorency (Val-d'Oise) a porté plainte, lundi 3 août, après avoir été roué de coups par quatre personnes, dont l'une à qui il avait précédemment demandé de respecter la consigne du port du masque contre le coronavirus. L'agression a eu lieu dimanche vers 16h45 dans une laverie automatique située dans un quartier populaire de cette ville, selon la plainte pour "violence aggravée" consultée par l'AFP. Un suspect a été interpellé mardi après-midi, a appris franceinfo de source proche. 

"J'étais en train de plier mes vêtements pour les mettre dans un sac. J'ai demandé au monsieur de porter le masque. C'est écrit que c'est obligatoire et c'est la loi", a expliqué à l'AFP la victime, un homme de 44 ans, qui était accompagné de ses deux enfants de 5 et 7 ans. "Il m'a dit 'je fais ce que je veux'", ajoute le plaignant, précisant avoir réitéré cette demande vu la configuration des lieux. La consigne du port du masque, obligatoire dans les endroits clos pour limiter la propagation du coronavirus, est affichée dans la laverie, a confirmé un membre du conseil syndical de la résidence.

"S'ils touchaient ma nuque, c'était fini"

Après une altercation verbale houleuse, le jeune homme non masqué est sorti de la laverie puis est revenu accompagné de renforts, selon le plaignant. Deux hommes ont alors frappé la victime à coups de barres de fer, deux autres à mains nues, selon des images de vidéosurveillance consultées par l'AFP et Le Parisien (article abonnés). L'expédition punitive, qui a duré quelques secondes, s'est poursuivie une fois la victime au sol, selon ces images.

Transporté à l'hôpital d'Eaubonne, l'homme souffre d'un traumatisme crânien avec une plaie, de contusions et de douleurs lombaires, selon le rapport médical. La victime, qui réside dans ce quartier depuis une trentaine d'années, a assuré ne pas connaître ses agresseurs. "J'ai eu six points de suture derrière le crâne, juste au dessus de ma nuque. S'ils touchaient ma nuque, c'était fini, à deux centimètres près, c'était la morgue. Mais attendez… pour un masque ?" s'indigne ce père de famille, dont les enfants sont "choqués".

A Bayonne (Pyrénées-Atlantiques), le 5 juillet, un chauffeur de bus de 59 ans est mort après avoir été frappé par des voyageurs à qui il avait réclamé le port du masque. Sa mort a suscité un vif émoi et l'indignation du monde politique. Par ailleurs, à Orléans, un mineur soupçonné d'avoir frappé un conducteur de bus qui lui avait demandé de porter un masque a été mis en examen mardi dernier.