Bac 2021 : "L'idéal serait juin, ça permettrait de donner un peu de temps", estime une représentante de la PEEP

Les enfants ont besoin de visibilité pour être rassurés, argumente Myriam Menez alors que Jean-Michel Blanquer annonce une décision "d'ici la fin du mois" sur le calendrier des épreuves.

Article rédigé par
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 4 min.
Un bachelier révisant pour le baccalauréat (illustration). (VANESSA MEYER / MAXPPP)

"L'idéal serait juin, ça permettrait de donner un peu de temps", a déclaré mardi 19 janvier sur franceinfo Myriam Menez, la secrétaire générale de la PEEP de l'Académie de Créteil, et présidente de la Fédération des parents d'élèves de l'enseignement public du Val-de-Marne après les précisions du ministre de l'Éducation nationale quant au calendrier des épreuves du bac 2021, prévues en mars. Sur franceinfo, Jean-Michel Blanquer a annoncé que la décision définitive serait rendue "d'ici à la fin du mois". "Plus tôt nos enfants sauront, plus vite ils seront rassurés, ils ont besoin de voir les choses", a ajouté Myriam Menez.

franceinfo : Sur l'organisation du bac, Jean-Michel Blanquer a annoncé que la décision finale serait prise d'ici fin janvier. Est-ce que ça arrive assez vite pour vous ?

Myriam Menez : Oui, ça arrive assez vite parce que la fin du mois, c'est dans une dizaine de jours, ça permettra au ministère de voir où il y a un peu la tendance sur le plan de la santé publique. Ce qui est important aussi pour nous, c'est qu'on n'attende pas, contrairement à ce que prévoient les textes, pile quinze jours avant l'examen, pour pouvoir d'un coup dire aux gamins : non, finalement, ce n'est pas maintenant, c'est plus tard. Plus tôt nos enfants sauront, plus vite ils seront rassurés. Ils seront rassurés parce qu'ils ont besoin de voir les choses. Nous, notre préférence, elle serait sur juin. Pourquoi ? Parce que c'est quand même le bac. Parce que les jeunes qui vont sortir avec le bac vont dans l'enseignement supérieur et que dans l'enseignement supérieur ils auront des examens. S'ils n'ont passé pratiquement aucun examen pendant toute leur scolarité secondaire, arrivés dans l'enseignement supérieur, ils ne seront pas préparés non plus à l'examen. L'idéal, ce serait juin, parce que ça permettrait aussi de donner du temps. On a beaucoup d'enseignants absents. On a beaucoup de difficultés dans les organisations, notamment dans le 50/50. Finalement, les élèves c'est plutôt 50/0, donc ils sont mal préparés à l'examen. Ils n'ont peut-être pas eu assez de cours. Juin serait l'idéal.

Jean-Michel Blanquer a confirmé que les écoles resteraient ouvertes. Est-ce que c'est une satisfaction pour vous ?

Oui. C'est énorme parce qu'on a beaucoup d'enfants qui dépriment. Les lycéens, par exemple, qui aujourd'hui sont très souvent à 50% de présentiel, on a taux de dépression chez les gamins qui est énorme. Il y a un décrochage qui devient énorme. Et il est vrai quand même que les enfants respectent très bien les gestes barrières à l'école, très peu quand ils sont en milieu familial. On a été confrontés, il y a quelques jours, à deux fermetures de classes dans une école. Quand on a creusé un petit peu, on a vu que c'était quand même lié à un anniversaire, un samedi, avec une dizaine de gamins répartis sur deux classes. On voit bien que lorsqu'on est dans le milieu familial, les gestes barrières sont très vite oubliés et c'est bien à l'école que les enfants sont plus en sécurité. Et c'est vrai que ce n'est pas aux établissements d'essayer de bricoler des choses. Pour nous, il manque quelque part une espèce de cellule de suivi des protocoles au sein de chaque académie où on peut remonter les cas qui dysfonctionnent, pour que les établissements puissent être aidés et accompagnés.

Êtes-vous favorable à ce changement de type de masques, c'est-à-dire obliger les élèves à porter des masques chirurgicaux ou grand public niveau 1 ?

C'est bien que Jean-Michel Blanquer le dise maintenant, ce qui laisse un peu de temps aux parents pour aller dans les pharmacies ou autres, pour faire un peu de stock. Parce que le problème, c'est que, quand on le sait la veille pour le lendemain, tout le monde se rue sur tout et après, on ne trouve plus rien.

"Notre inquiétude, c'est les milieux les plus défavorisés. Il ne faut pas que ces enfants-là se retrouvent à un moment exclus de l'école parce qu'ils n'ont pas de masques."

Myriam Menez, secrétaire générale de la PEEP de l'Académie de Créteil

à franceinfo

Donc, il va vraiment falloir permettre aux écoles aussi de disposer d'un stock suffisant pour pouvoir recevoir des enfants qui arriveraient avec un masque non-conforme. Aujourd'hui, les masques gratuits, c'est vraiment à discrétion des établissements : quand ils voient un enfant arriver sans masque, même s'il est issu d'une famille aisée, ils donnent un masque à l'élève pour qu'il puisse rentrer en classe. Il n'y a pas de discrimination des établissements à l'heure actuelle.

Commentaires

Connectez-vous à votre compte franceinfo pour participer à la conversation.