Loiret : trois personnes soupçonnées de proxénétisme relâchées en raison du coronavirus

Deux hommes et une femme, soupçonnés d'avoir prostitué une adolescente de 14 ans à Montargis, ont été laissés sous contrôle judiciaire pour éviter la surpopulation carcérale. La décision fait débat.

Le palais de justice de Montargis dans le Loiret, le 14 janvier 2020.
Le palais de justice de Montargis dans le Loiret, le 14 janvier 2020. (ANNE OGER / FRANCE-BLEU ORLÉANS)

Trois personnes soupçonnées de proxénétisme ont été relâchées et mis sous contrôle judiciaire en raison de l'épidémie de coronavirus, rapporte jeudi 19 mars France Bleu Orléans. La décision fait débat dans le milieu judiciaire et policier du Loiret.

Soupçonnés d'avoir prostitué une adolescente de 14 ans à Montargis, Orléans et Blois, deux hommes et une femme sont passés mercredi devant le juge des libertés et de la détention de Montargis qui a choisi le contrôle judiciaire, alors que le procureur demandait, lui, leur placement en détention provisoire.

Ne pas saturer les prisons pour endiguer l'épidémie

Selon une source proche du dossier, le juge des libertés et de la détention a justifié sa décision au regard d’une circulaire du 14 mars dernier du ministère de la Justice. Dans ce courrier, la chancellerie demande à l’activité pénale et civile des juridictions de s’adapter face à l’épidémie de coronavirus, notamment en évitant l'extraction des prisonniers et en privilégiant les procès par vidéo-conférence.

Selon cette même source, le magistrat a estimé que la surpopulation dans les prisons est un facteur aggravant de la propagation du virus. Si certaines conditions sont respectées, il vaut mieux éviter d’incarcérer, d'après lui. Le magistrat va ainsi dans le sens de ce que réclament plusieurs organismes, dont l'observatoire international des prisons, qui a récemment appelé à ce qu'on privilégie le contrôle judiciaire à une détention préventive afin de ne pas saturer les établissements pénitentiaires.