Lits d'hôpitaux fermés faute de personnel : "J'ai rarement été aussi inquiet", assure le chef des urgences du CHRU de Lille

Patrick Goldstein décrit une situation particulièrement tendue dans les hôpitaux.

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Radio France
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Patrick Goldstein, le chef du pôle des urgences au CHU de Lille. (STÉPHANE BARBEREAU / RADIOFRANCE)

"C'est une situation exceptionnelle, c'est une crise dans la crise", s'alarme sur franceinfo mercredi 27 octobre Patrick Goldstein, chef des urgences du CHRU de Lille, alors que dans sa dernière étude, le professeur Jean-François Delfraissy, qui préside le Conseil scientifique, estime que 20% des lits de l'hôpital public sont fermés, faute de personnel.

"L'erreur que l'on a commise, c'est d'imaginer qu'on était en résolution de crise, avec la pandémie qui diminue. Aujourd'hui, il y a une crise sociale à l'intérieur de l'hôpital, la situation est très tendue", explique-t-il

"J'ai rarement été aussi inquiet", affirme-t-il. "Olivier Véran a raison quand il dit qu'il ne va pas sortir des milliers de médecins de ses poches. Il faudrait déjà nous aider à ne pas les laisser partir", assure Patrick Goldstein.

"Il y a à la fois le problème capacitaire, et puis il y a cette perte de valeurs du personnel soignant."

Patrick Goldstein, chef des urgences du CHRU de Lille

à franceinfo

"Dans tous les services des urgences de France aujourd'hui, l'activité est identique à l'activité que nous avions en décembre 2019. On ne peut pas dire que la prise en charge est optimale. Elle ne l'est pas", continue-t-il.

"Un point qui n'a jamais été retenu, et qui est aujourd'hui un facteur de fuite dans les carrières hospitalières, c'est la pénibilité. Cette aspiration à la qualité de vie au travail, à la qualité de vie personnelle, elle est réelle dans la société des jeunes gens d'aujourd'hui. Il faut admettre que ceux qui vivent l'hôpital aujourd'hui ont les mêmes droits que l'on reconnaisse cette pénibilité, et qu'on leur permette d'avoir la même vie que les autres", assure Patrick Goldstein.

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