Les Hôpitaux de Marseille lancent une nouvelle enquête interne visant l'IHU de Didier Raoult après des révélations sur de possibles dysfonctionnements et falsifications

L'AP-HM dit avoir pris "l'initiative d'une enquête interne afin de confirmer la véracité des faits rapportés" par le site Mediapart, qui s'appuie sur des témoignages de membres de l'IHU.

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L'IHU Méditerranée Infection de Marseille, en janvier 2020.  (JEROME LEBLOIS / HANS LUCAS via AFP)

Une nouvelle enquête interne a été demandée par l'Assistance Publique des hôpitaux de Marseille (AP-HM), vendredi 19 novembre, après de nouvelles accusations de Mediapart visant l'institut dirigé par Didier Raoult, professeur de microbiologie, sur les conditions dans lesquelles auraient été menées les recherches sur l'hydroxychloroquine. L'AP-HM dit avoir pris "l'initiative d'une enquête interne afin de confirmer la véracité des faits rapportés par la presse".

Selon le site Mediapart, "plusieurs membres" de l'institut hospitalo-universitaire Méditerranée Infection, dirigé par Didier Raoult, ont "dénoncé les pressions exercées" par celui-ci ainsi que "la falsification de résultats scientifiques", afin de "démontrer l'efficacité de l'hydroxychloroquine" contre le Covid-19. 

"Les faits rapportés, s'ils étaient avérés, constitueraient des dysfonctionnements graves."

AP-HM

dans un communiqué

Concrètement, explique Mediapart, "plus d'une dizaine de personnes (biologistes, médecins, internes ou assistants)" membres de l'IHU ont dénoncé "la falsification de résultats biologiques permettant de conclure à l'effet bénéfique de l'hydroxychloroquine en biaisant les résultats des tests PCR dans une étude comparant des patients de l'IHU prenant le traitement et des patients du CHU de Nice ne le prenant pas".

Des témoignages de membres de l'IHU

"Les résultats 'n'allant pas dans le sens de Didier Raoult', le seuil de positivité des tests PCR a été modifié, rendant ainsi négatifs un plus grand nombre de résultats pour les patients suivis à Marseille", explique Mediapart, en citant les témoignages de ces membres de l'IHU lors d'entretiens en octobre avec leurs employeurs respectifs, que ce soit l'Université Aix-Marseille, l'AP-HM ou encore l'Inserm ou l'Institut de recherche pour le développement (IRD).  Dans l'article de Mediapart, tous ces témoignages sont anonymisés. Contactés par l'AFP, ni l'IHU ni Didier Raoult n'ont souhaité commenter les affirmations de Mediapart et l'ouverture de cette enquête par l'AP-HM.

L'AP-HM avait déjà demandé une enquête interne au sein de l'IHU, le 22 octobre, après un autre article, toujours de Mediapart, sur de supposés "essais cliniques" illégaux contre la tuberculose menés depuis 2017 par l'institut de Didier Raoult. L'AP-HM avait justifié cette enquête par la "gravité et l'ampleur potentielle des faits relatés". "Il n'y a pas eu d'essais, seulement des choix thérapeutiques par des médecins", avait répondu Didier Raoult, le 28 octobre, sur C8.

Didier Raoult, à la retraite depuis fin août en tant que professeur d'université praticien hospitalier, devrait quitter la direction de l'IHU au plus tard fin juin. Les six membres fondateurs de l'IHU et la présidente de cet institut ont acté mi-septembre le lancement du recrutement d'un nouveau directeur, qui devrait être désigné au plus tard le 30 juin. Ce processus de recrutement devrait être officiellement validé mardi par le conseil d'administration de l'IHU.

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