Les enfants peu contaminés par le Covid-19, selon une étude : ils devraient "aller à l'école, reprendre une vie d’enfant", selon une pédiatre

La Pr Christèle Gras-Le Guen estimerait "vraiment dommage" que les enfants "fassent les frais" de mesures "excessives", "alors que cette maladie ne les concerne pas directement".

La température d\'un enfant masqué contre le coronavirus prise avant son entrée à l\'école (photo d\'illustration).
La température d'un enfant masqué contre le coronavirus prise avant son entrée à l'école (photo d'illustration). (DAMIEN MEYER / AFP)

La Pr Christèle Gras-Le Guen, secrétaire générale de la Société française de pédiatrie, a affirmé jeudi 4 juin sur franceinfo que les enfants devaient "aller à l'école, reprendre une vie, une vie d’enfant où on joue". Une étude menée sur 605 enfants d'Île-de-France sur la façon dont ils réagissent au coronavirus, révèle que l’enfant "s'avère peu contaminé et peu contaminant". La pédiatre aimerait "pouvoir convaincre les parents et les enseignants de préparer cette rentrée en toute sérénité".

franceinfo : Les enfants sont en fait bien moins contagieux que les adultes ?

Pr Christèle Gras-Le Guen : Absolument. Les connaissances progressent au fur et à mesure que l'épidémie avance et sur des idées qu'on pouvait se faire transposées de ce qu’on connaissait de la grippe au début la pandémie. Là, on s'aperçoit a posteriori que l'enfant joue un rôle tout à fait mineur dans la transmission du virus et que dans tous les prélèvements qu'on a pu faire chez cette population, il s'avère peu contaminé et peu contaminant. Il y a beaucoup de travaux en cours pour essayer de comprendre ce qu'on a découvert et ce qui est très surprenant puisque plus le temps avance et plus on constate que le virus est une drôle de bête. Il ne se comporte pas comme ce qu'on avait l'habitude de voir. Et donc, il y a des travaux pour essayer de comprendre pourquoi le système immunitaire de l'enfant ne réagirait pas comme celui de l’adulte et des pistes pour penser qu’un certain nombre de récepteurs n'existe pas chez l'enfant et font qu'il est beaucoup moins sensible et que le microbe s'accroche moins bien chez lui.

Les enfants peuvent aller à l’école alors ?

Les enfants peuvent aller à l'école. Les enfants doivent aller à l'école, reprendre une vie, une vie d’enfant où on joue, où on interagit avec les autres. Et ça, c'est un point qui nous paraît absolument essentiel pour cette fin d'année, mais surtout pour préparer la rentrée de septembre.

Compte tenu de tout ce qu'on a observé depuis le début de la pandémie, on n'a aucune raison scientifique, on n'a aucune inquiétude qui puisse être un frein au retour en collectivité des enfants. Au contraire !Pr Christèle Gras-Le Guen, secrétaire générale de la Société française de pédiatrieà franceinfo

On a beaucoup plus d'arguments pour ce retour en collectivité et pour la reprise d'une vie sociale chez les enfants jeunes que des inquiétudes. On voudrait pouvoir convaincre les parents et les enseignants de préparer cette rentrée en toute sérénité. Bien évidemment, il faut pouvoir garder les gestes barrières qui sont des gestes utiles pour ce virus qui nous préoccupe aujourd'hui, mais qui seront aussi utiles pour le virus de la bronchiolite ou le virus de la grippe lorsque l'on sera en période épidémique en fin d'année.

Combien d’enfants ont été malades dans le CHU de Nantes dans lequel vous exercez ?

C'est une excellente question puisque nous n'avons eu lors de cette pandémie en tout et pour tout deux enfants hospitalisés à Nantes qui étaient porteurs du Covid-19. Ils étaient des très jeunes enfants qui ont été hospitalisés à titre asymptomatique et qui avaient une forme tout à fait bénigne de la maladie. Donc, c'est aussi important de pouvoir relativiser la gravité de cette pathologie chez l'enfant. Et l'enfant ne développe que des formes bénignes de cette maladie lorsqu'il est contaminé et il est rarement contaminé. Et donc, à ce titre, cela nous paraîtrait vraiment dommage qu'ils fassent les frais de mesures excessives, de distanciation sociale ou de vie en collectivité altérée, alors que cette maladie ne les concerne pas directement.