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Le Vietnam commence à sortir du confinement et ne compte aucun mort

Dans ce pays d'Asie du Sud-Est, où l'épidémie de Covid-19 est maîtrisée, le déconfinement débute dès le 23 avril.

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Au Vietnam, la vie reprend son cours après la levée du confinement, ici à Hanoï, le 23 avril 2020. 
Au Vietnam, la vie reprend son cours après la levée du confinement, ici à Hanoï, le 23 avril 2020.  (MANAN VATSYAYANA / AFP)

La vie normale est en train de reprendre au Vietnam, dans ce pays de près de 100 millions d’habitants, plus que la France. Ce jeudi 23 avril, les écoles ont rouvert dans 24 agglomérations du pays. Ce n’est pas encore le cas dans la capitale Hanoï, où la réouverture est prévue le 4 mai pour les universités et le 11 mai pour les écoles primaires et secondaires. Mais les commerces, eux, reprennent leur activité un peu partout, à l’exception des bars et des restaurants qui demeurent fermés. Et le port du masque est obligatoire.

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Le régime communiste au pouvoir à Hanoï s’autorise à tourner la page parce que le bilan est clair et net : seulement 268 personnes contaminées, aucun nouveau cas depuis une semaine et aucun mort. Et ce bilan est jugé crédible par les observateurs internationaux, y compris par l’université américaine John Hopkins, qui fait référence dans l’observation de la propagation du virus dans le monde. Ce résultat est d’autant plus impressionnant que le Vietnam est un voisin direct de la Chine où a démarré l’épidémie : les deux pays sont frontaliers sur près d'un millier de kilomètres.   

Réactivité forte et isolement total des malades

Il y a trois explications majeures pour comprendre cette capacité à contrôler la pandémie. La première, c’est la réactivité. Le Vietnam a mis en place un comité de crise dès la mi-janvier. Fin janvier, il avait déjà fermé ses frontières terrestres et aériennes avec la Chine. Et mi-février, après les vacances, les écoles n’ont pas rouvert leurs portes, pour ne prendre aucun risque. Enfin début avril, un confinement général a été imposé. C’est le fruit de l’expérience de l’épidémie de SRAS en 2003.

La deuxième explication, c’est la pratique de l’isolement des malades. Dépistage précoce, et surtout mise à l’écart des personnes susceptibles d’avoir été contaminées : près de 80 000 personnes ont ainsi été placées en quatorzaine, par mesure de sécurité, soit dans des hôtels, soit dans des camps militaires. Et des quartiers entiers ont été coupés du monde pendant quelques semaines. De la même manière, dès qu’une entreprise connaissait un cas suspect, elle était fermée par précaution. 

Surveillance numérique généralisée

Enfin la troisième raison, c’est le contrôle généralisé de la population parce qu’on parle d’un régime très autoritaire : le parti communiste contrôle tout, via des comités de quartier et surtout via le traçage numérique. Depuis un mois et demi, tous les Vietnamiens sont censés utiliser une application baptisée NCOV et déclarer tout symptôme. En cas de dissimulation, ils sont passibles d’emprisonnement. Et la délation est monnaie courante, même si en l’occurrence, on peut aussi appeler ça du civisme.

Il est d'ailleurs probable que le parti communiste tire bénéfice de cette capacité à maîtriser l’épidémie. Son image pourrait en sortir redorée auprès de la population. Et surtout, au passage, il en aura profité pour accroître encore sa capacité de contrôle social. C’est le revers de la médaille. Et on le mesure bien là que ce n’est pas vraiment un modèle exportable en Europe Occidentale.  

Au Vietnam, la vie reprend son cours après la levée du confinement, ici à Hanoï, le 23 avril 2020. 
Au Vietnam, la vie reprend son cours après la levée du confinement, ici à Hanoï, le 23 avril 2020.  (MANAN VATSYAYANA / AFP)