Le Puy du Fou "n'a bénéficié d'aucun passe-droit" pour accueillir 9 000 personnes, assure la ministre de la Culture, Roselyne Bachelot

Le parc de loisirs vendéen avait obtenu du préfet une dérogation à l'interdiction des rassemblements de plus de 5 000 personnes pour un spectacle samedi, au nom d'un décret qui pourrait être utilisé ailleurs, explique la ministre.

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Les spectateurs de la Cinéscénie du parc du Puy du Fou (Vendée), le 26 juillet 2020. (MARIE MOUSSIE / MAXPPP)

L'annonce avait ulcéré de nombreux acteurs de la culture et du sport. Samedi 15 août, 9 000 personnes ont été autorisées à assister à la Cinéscénie, le spectacle nocturne du parc du Puy du Fou, grâce à l'attribution par le préfet de la Vendée d'une dérogation – les rassemblements publics de plus de 5 000 personnes restant interdits à cause de l'épidémie de Covid-19. Le résultat d'un traitement de faveur pour le parc de loisirs fondé par Philippe de Villiers, qui revendique sa proximité avec Emmanuel Macron ? La ministre de la Culture, Roselyne Bachelot, assure, dans une interview au Parisien, dimanche, qu'il n'y a eu "aucun fait du prince".

C'est la préfecture qui a autorisé cette jauge plus importante, rappelle la nouvelle ministre, au titre d'un décret publié le 10 juillet, autorisant des dérogations "au cas par cas". Roselyne Bachelot défend ce principe : "Nous avons voulu que ces demandes soient traitées au plus près du terrain, par les préfets de département."

"Pas comparable" à tous les festivals, selon elle

Elle assure que la décision du préfet a été adoptée après un examen "du protocole sanitaire par les organisateurs et fait en lien avec l'Agence régionale de santé", qui prévoyait notamment le port du masque pour tous et la "séparation du public en trois zones étanches de 3 000 places chacune." Fin juillet, le parc avait déjà tenté de contourner la limitation en séparant 12 000 spectateurs en trois tribunes de 4 000 personnes, avant d'y renoncer.

Sur le fond, Roselyne Bachelot défend la décision, estimant que la situation du Puy du Fou "n'est pas comparable" à celle de nombreux festivals de musique où le public se tient debout, "configuration qui reste aujourd'hui interdite", et que l'"énorme" capacité d'accueil du lieu permet plus facilement de garder une distance entre chaque spectateur. Une "évaluation" devra être menée, mais la dérogation pourra être maintenue pour le samedi 22 août, explique-t-elle.

L'Elysée a déjà démenti toute implication

Elle assure par ailleurs qu'il ne s'agit pas d'un cas isolé : "Le parc du Puy-du-Fou n'a bénéficié d'aucun passe-droit. (...) Les autres festivals qui pouvaient s'organiser en août en respectant les conditions sanitaires (places assises, distanciation…) ont pu se tenir, comme le festival de piano de La Roque-d'Anthéron ou le festival de Ramatuelle." Mais ces deux événements, effectivement maintenus, ont accueilli bien moins de 5 000 spectateurs.

"Tous les organisateurs peuvent suivre la même démarche et ils obtiendront des dérogations quand les conditions seront réunies", assure la ministre de la Culture au Parisien. "Chaque demande sera étudiée et accompagnée." Elle indique par ailleurs qu'elle recevra "dans les prochains jours (...) les représentants des professionnels les plus impactés."

Ce n'est pas la première fois que le Puy du Fou est au cœur d'une polémique depuis le début de l'épidémie. Fin mai, le fondateur du parc, Philippe de Villiers, avait annoncé avoir obtenu l'autorisation de le rouvrir du président de la République lui-même, et avait publié un SMS qu'il disait avoir reçu d'Emmanuel Macron. S'attirant, déjà, des accusations de favoritisme. Samedi, l'Elysée a assuré à franceinfo n'être "en aucun cas intervenu" dans l'attribution de la dérogation par le préfet de la Vendée.

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