Le Programme alimentaire mondial de l'ONU craint une "pandémie de la faim" plus grave que le Covid-19

"En raison des nombreuses guerres, du changement climatique, de l'utilisation généralisée de la faim comme arme politique et militaire, et d'une pandémie mondiale qui aggrave tout ça de façon exponentielle, 270 millions de personnes s'acheminent vers la famine", a prévenu jeudi le directeur exécutif du Programme alimentaire mondial, David Beasley.

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Le directeur exécutif du Programme alimentaire mondial, David Beasley, lors d'une conférence de presse à Khartoum (Soudan), le 7 août 2018.  (ASHRAF SHAZLY / AFP)

Un problème mondial, aux effets potentiellement dévastateurs. En recevant le Nobel de la paix à distance, le Programme alimentaire mondial (PAM) s'est inquiété, jeudi 10 décembre, d'une "pandémie de la faim" aux conséquences, selon lui, potentiellement plus graves que l'épidémie de Covid-19

"En raison des nombreuses guerres, du changement climatique, de l'utilisation généralisée de la faim comme arme politique et militaire, et d'une pandémie mondiale qui aggrave tout ça de façon exponentielle, 270 millions de personnes s'acheminent vers la famine", a prévenu le chef du PAM, l'Américain David Beasley.

"Ne pas satisfaire leurs besoins provoquera une pandémie de la faim qui occultera l'impact du Covid-19."

David Beasley, directeur exécutif du Programme alimentaire mondial

lors de la remise du prix Nobel de la paix

Fondée en 1961, la plus grande organisation humanitaire de lutte contre la faim nourrit chaque année plusieurs dizaines de millions de ventres affamés (97 millions l'an dernier) sur tous les continents. En lui attribuant le prix Nobel de la paix le 9 octobre, le comité norvégien avait salué son combat contre cette "arme de guerre" touchant en premier lieu les civils.

"Ce prix Nobel de la paix est plus qu'un merci, c'est un appel à l'action", a affirmé David Beasley jeudi. Soulignant qu'"une famine est aux portes de l'humanité", il a estimé que "la nourriture est la voie vers la paix".

Le directeur exécutif du PAM s'est en parallèle indigné de "ce qui pourrait être le moment le plus ironique de l'histoire moderne". "D'un côté, après un siècle de progrès massifs dans l'élimination de l'extrême pauvreté, 270 millions de nos voisins sont aujourd'hui au bord de la famine. De l'autre, il y a 400 000 milliards de dollars de richesses dans notre monde aujourd'hui", a-t-il déclaré. "Et nous n'avons besoin que de 5 milliards de dollars pour sauver de la famine 30 millions de vies."

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