Le laboratoire Unilians redoute 700 000 euros de pertes pour des tests Covid-19 bientôt périmés

700 000 tests par semaine, c'était l'objectif fixé par le Premier ministre. Mais les patients ne sont pas au rendez-vous dans certaines régions.

Le laboratoire d\'analyses de Montbrison (Rhônes-Alpes), filiale d\'Unilians, réalisent des analyses Covid le 15 mai 2020.
Le laboratoire d'analyses de Montbrison (Rhônes-Alpes), filiale d'Unilians, réalisent des analyses Covid le 15 mai 2020. (YVES SALVAT / MAXPPP)

Le groupe de laboratoires Unilians, implanté dans la région Auvergne-Rhône-Alpes, a massivement acheté des tests PCR pour dépister le coronavirus mais les patients ne sont pas assez nombreux à se faire tester. Résultat : l'entreprise redoute une perte de 700 000 euros car les tests arrivent à date de péremption, a rapporté lundi 29 juin France Bleu Saint-Étienne Loire.

700 000 tests PCR par semaine, c'était l'objectif fixé par Édouard Philippe. Mais on en est très loin : la direction générale de la Santé estime aujourd'hui que 250 000 tests PCR seulement sont effectués chaque semaine. Or dans la Loire, Unilians ne réalise qu'une centaine de tests par jour environ, trois fois moins que les projections, faute de patients. Les composants des tests finissent par être périmés, comme le précise Geneviève Ferret, directrice du labo Unilians à Montbrison. "Tous ces réactifs-là ont des dates de péremption. C'est une perte sèche : ça représente en tout cas pour notre structure, seulement en tests, un chiffre environ de 700 000 euros, soit 40 000 tests".

Des millions d'euros investis pour des machines sous-exploitées

Le groupe a aussi alloué un budget énorme pour les machines qui servent à faire les analyses. Et là aussi, on est loin du retour sur investissement, explique Christophe Pierroz, directeur financier du groupe Unilians. "Il faut des automates, ce sont des robots et ils viennent de Chine. Il a fallu payer d'avance. Ce sont des investissements au-niveau d'Unilians qui se chiffrent en million d'euros. Ces machines ont été sous-exploitées. On a pu limiter un petit peu les dégâts en ne prenant pas notre deuxième commande mais les matériels que l'on a, c'est sur-dimensionné, nos automates ne fonctionnent pas à 100% et on a des automates en trop."

Et même s'il s'agit d'un matériel de haute technologie, Unilians envisage de revendre une partie de ces automates à l'étranger pour revenir en partie dans ses frais.