"Le gouvernement signe l'arrêt de mort des discothèques" : des patrons menacent d'un recours au Conseil d'Etat

Le gouvernement a annoncé sa volonté de laisser fermées les foires, expositions, salons, discothèques et croisières maritimes internationales jusqu'à septembre au moins.

Une discothèque vide, le 28 avril 2020, à Cannes (Alpes-Maritimes).  
Une discothèque vide, le 28 avril 2020, à Cannes (Alpes-Maritimes).   (SYSPEO / SIPA)

"La nuit doit revoir le jour." Les patrons de discothèques qui ne sont pas autorisés à rouvrir leurs établissements avant septembre, à cause de la pandémie de Covid-19, ont menacé samedi 20 juin d'attaquer cette décision au Conseil d'Etat. "Le gouvernement signe l'arrêt de mort des discothèques", a estimé l'Union des métiers et des industries de l'hôtellerie (UMIH), qui représente les 1 500 discothèques françaises.

Matignon a annoncé dans la nuit de vendredi à samedi une accélération du déconfinement avec la réouverture lundi des cinémas, centres de vacances, casinos ou salles de jeux et, à partir du 11 juillet, celle des stades avec un nombre maximal de 5 000 spectateurs. Mais le gouvernement maintient fermées jusqu'à septembre au moins les foires, expositions, salons, discothèques et croisières maritimes internationales.

Un secteur "à l'agonie"

"On devait nous annoncer une date de réouverture pour l'été avec des protocoles de sécurité et nous n'avons rien eu, c'est incompréhensible, ce n'est pas plus dangereux d'aller danser que d'aller au cinéma, de prendre l'avion ou le train", a déclaré à l'AFP Laurent Lutse, président à l'UMIH de la branche cafés, brasseries et établissements de nuit.

Selon lui, des "fêtes sauvages" et des soirées privées "où l'alcool coule à flot" se "multiplient" via la location de propriétés transformées en "lieux culturels éphémères", sans aucun encadrement lié au Covid ni à la consommation de drogue ou d'alcool, alors que les discothèques qui disposent de "professionnels formés" pour gérer les débordements sur la voie publique sont "à l'agonie".

Il s'agit d'une concurrence déloyale.Laurent Lutse - Union des métiers et des industries de l'hôtellerieà franceinfo

"Si la décision du Premier ministre était entérinée par un décret d'application, l'UMIH pourrait attaquer le décret dès sa parution devant le Conseil d'Etat", précise l'UMIH dans un communiqué. Les nouvelles mesures ont été décidées au cours d'un Conseil de défense et de sécurité nationale vendredi. Le ministre de la Santé Olivier Véran a noté que les indicateurs de suivi de l'épidémie "restent globalement bien orientés" mais a estimé que "la vigilance reste toutefois forte".

Les discothèques emploient 43 000 salariés et environ 100 000 en incluant les employés de sociétés extérieures assurant la sécurité notamment. Elles réalisent un chiffre d'affaires estimé à un milliard d'euros.