"Le gouvernement actuel n'est pas responsable de l'appauvrissement du stock de masques", affirme Roselyne Bachelot

L'ancienne ministre de la Santé estime que "l'État fait le maximum" pour lutter contre l'épidémie de coronavirus, et relève à quel point il est difficile de reconstituer en urgence "des stocks de précaution et de prévention".

Roselyne bachelot le 25 octobre 2016 à Paris
Roselyne bachelot le 25 octobre 2016 à Paris (JEAN PIERRE NGUYEN VAN HAI-BARBI / MAXPPP)

"Le gouvernement actuel n'est pas responsable de l'appauvrissement du stock de masques", a affirmé ce dimanche sur franceinfo Roselyne Bachelot, ancienne ministre de la Santé. Celle qui avait été accusée d'avoir surréagi lors de l'épidémie du H1N1 en 2010 fustige la décision de destruction d'une bonne partie des stocks de masques. "Face à des pandémies, ce n'est pas au moment où on en a le diagnostic complet qu'il faut agir", estime-t-elle.

franceinfo : Pensez-vous comme certains médecins que la France n'était pas assez préparée pour cette pandémie ?

Roselyne Bachelot : Face à un danger inconnu, face à des pandémies dont on ne sait pas si elles vont être graves ou pas, ce n'est pas au moment où on en a le diagnostic complet qu'il faut agir. C'est pour cela qu'il faut constituer des stocks de précaution et de prévention. On voit bien les difficultés d'approvisionnement actuelles (…) Dans une pandémie mondiale, les fournitures, que ce soit de médicaments, de matériel de prévention, de vaccins, font l'objet d'une course, d'une bagarre entre les différents pays.

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Donc, c'est au moment où ça va bien qu'il convient de constituer des stocks. Vous savez, quand on donne des chiffres de 1 milliard de masques chirurgicaux, de 600 à 700 millions de masques FFP2, on a l'impression que c'est considérable. Mais il faut savoir qu'il s'agit d'armer trois millions de personnels médicaux et paramédicaux, des services de sécurité, des personnels qui sont chargés d'assurer l'approvisionnement des Français.

Le gouvernement fait le maximum, avec les moyens qui lui ont été donnés.Roselyne Bachelotà franceinfo

250 millions de masques doivent être livrés dans les prochains jours, des tests de prototypes sont annoncés par le Premier ministre. Je crois que l'État fait le maximum. Il est soumis à un certain nombre de contraintes techniques. Les masques, il faut les fabriquer, bien entendu. Il faut relancer les chaînes de fabrication à la fois à l'étranger, et chez nous. Le gouvernement actuel n'est pas responsable de l'appauvrissement du stock de masques.

En 2010, vous aviez été critiquée quand vous aviez pris des mesures importantes, notamment en commandant des stocks de vaccins pour faire face à la grippe A. Aujourd'hui, beaucoup font leur mea culpa, comment réagissez-vous ?

C'est évidemment très touchant, mais je ne veux pas surfer là-dessus . On est dans une lutte commune, ce n'est pas l'heure de régler des comptes, d'être saisi d'une joie mauvaise. C'est le moment de serrer les dents et de se serrer les coudes.

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