Le décryptage éco, France info

Le décryptage éco. Le prix des transports en commun va-t-il s'envoler pour compenser les pertes liées à la crise ?

La crise touche aussi les transports publics, la RATP ou la SNCF. Faut-il s’attendre à des augmentations pour compenser ? Le décryptage de Fanny Guinochet ("L'Express").

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Un homme paie avec son passe Navigo son trajet dans un métro de la RATP, gare Saint-Lazare. Photo d\'illustration.
Un homme paie avec son passe Navigo son trajet dans un métro de la RATP, gare Saint-Lazare. Photo d'illustration. (CHRISTOPHE MORIN / MAXPPP)

L’ idée circule : on parle d’une hausse de 15 à 20 euros par mois du pass Navigo. C’est l’estimation que donne en tout cas Valérie Pécresse, la présidente de la région Île-de-France pour combler les pertes liées à la crise du coronavirus.

Valérie Pécresse refuse toutefois que les voyageurs paient la facture et elle utilise cet argument de la hausse des tarifs pour demander un plan de soutien massif à l’État. Il faut dire que le confinement a coûté cher aux transports publics : les réseaux de bus, de métro, de train ont perdu près de 90% de fréquentation. Forcément, cela fait des recettes en moins. En temps normal, en Île-de-France, on compte plus de cinq millions de voyageurs par jour. Et en ce moment, c’est 1,3 million.

Avec le télétravail qui se poursuit et le chômage partiel, les versements "transports" des entreprises fondent comme neige au soleil. Le problème, c’est que c’est un des premiers postes de financement du réseau. Sans oublier qu’Il n’y a pas plus de touristes étrangers pour acheter des billets. Et la crise ne fait que commencer. Résultat : Île-de-France Mobilités, l'autorité organisatrice des transports dans la région, affiche un déficit de plus de 2,5 milliards d'euros. Elle est en cessation de paiement.  

Quelles sont les solutions ?

Soit l’État vole au secours de la filière, comme le demande la présidente de région, il comble le trou, comme pour l’automobile ou l’aérien, et Île-de-France Mobilités est sauvée, au moins temporairement. Mais cela veut dire que c’est le contribuable qui paie. Soit c’est le voyageur francilien qui sera mis à contribution avec l’augmentation des prix mais les utilisateurs risquent de ne pas l'accepter.

Autre option, enfin, que met en avant Île-de-France Mobilités : si elle n'a pas l'argent nécessaire pour payer la RATP et la SNCF pour un service complet, ces deux opérateurs feront un service réduit dès cet été. L'offre pourrait diminuer de 70% par rapport à la normale. Ce qui veut dire par exemple que sur quatre RER, il n'en restera plus qu'un en circulation. Là aussi on imagine vite le mécontentement des voyageurs.   

L'État reste attentif mais ne se prononce pas

S’il fait un geste, il ne prendra sûrement pas la totalité des pertes à sa charge : car le problème pour le gouvernement, c’est qu’il n’y a pas que l’Île-de-France. Tous les grands réseaux de transports publics sont confrontés aux mêmes difficultés, et tous demandent de l’aide. Au total, pour l’hexagone, l’addition grimpe à 4 milliards d’euros, rien que pour 2020. Mais, socialement, le sujet est très sensible.    

Un homme paie avec son passe Navigo son trajet dans un métro de la RATP, gare Saint-Lazare. Photo d\'illustration.
Un homme paie avec son passe Navigo son trajet dans un métro de la RATP, gare Saint-Lazare. Photo d'illustration. (CHRISTOPHE MORIN / MAXPPP)