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Le décryptage éco. L'État vole au secours de la filière aéronautique

La filière aéronautique a besoin d'être sauvée. Elle représente plus de 200 000 emplois directs en France. Le décryptage de Fanny Guinochet ("L'Express").

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Un A350 en construction sur le site Airbus de Toulouse-Blagnac (Haute-Garonne).
Un A350 en construction sur le site Airbus de Toulouse-Blagnac (Haute-Garonne). (MICHEL LABONNE / MAXPPP / RADIO FRANCE)

Le gouvernement dévoile mardi 9 juin un plan d’aide de 10 milliards d’euros pour la filière aéronautique. Il se trouve qu'en cette période de crise, avec l’arrêt du trafic aérien, la filière est à terre. Et sans l’aide de l’État, elle aura du mal à s’en sortir : imaginez, le retour à la normale n’est pas prévu avant deux ou trois ans.

L’aéronautique, pour la France, c’est stratégique : ce sont plus de 200 000 emplois directs, des ingénieurs mais aussi des ouvriers. On estime que dès cet été, 30 000 postes pourraient déjà disparaître du fait de la crise. L’aéronautique, c’est aussi un des rares secteurs industriels où la France est en pointe, un domaine porteur, où l’on exporte avec des fleurons français comme Airbus, Safran, Thales, Dassault et de nombreux sous-traitants, des PME, des TPE.

C’est aussi tout un écosystème local, concentré dans la région de Toulouse, qui en dépend. Pour l’instant, la filière a paré au plus pressé. Les entreprises ont colmaté les brèches à coup de chômage partiel, mais ça ne va pas suffire. D’où ce plan de sauvetage massif du gouvernement, comme il l’a fait pour l’automobile, ou encore le tourisme.   

Plusieurs niveaux d’aides

D’abord, le système de chômage partiel de longue durée, pour que les entreprises ne licencient pas dans les années à venir alors qu’elles auront moins de commandes, il y aura aussi des prêts garantis par l’Etat pour les entreprises en mal de trésorerie. Et puis, le gouvernement va créer un fond d’investissement spécifique pour les TPE et les PME du secteur. Il s’agit d’éviter qu’elles ne soient fragilisées et que ces petits joyaux ne se fassent racheter par des sociétés et fonds étrangers, des prédateurs chinois notamment. Enfin, le gouvernement veut aider les sociétés de la filière à continuer à innover, à développer des brevets, car la recherche, c’est souvent ce qui passe en premier à la trappe quand les temps sont durs. L’État veut que la France garde son avance dans le secteur.  

Le gouvernement va demander des contreparties

Notamment sur la localisation de l’emploi. En d’autres termes, cela veut dire bien maintenir les usines en France. En matière de recherche et développement, le gouvernement va vérifier que les fonds soient bien utilisés pour "décarboner" l’économie. L’argent devra être ciblé sur le développement d’avions hybrides, très peu polluants, d'avions verts d'ici 2035. Mais ces engagements sont loin d’être suffisants pour les écologistes.

Un A350 en construction sur le site Airbus de Toulouse-Blagnac (Haute-Garonne).
Un A350 en construction sur le site Airbus de Toulouse-Blagnac (Haute-Garonne). (MICHEL LABONNE / MAXPPP / RADIO FRANCE)