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Le coronavirus, obstacle supplémentaire dans les camps de réfugiés palestiniens

Sur les près de 390 cas de malades du coronavirus détectés dans les territoires palestiniens, près d’un quart vivent dans les camps de réfugiés.

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Distribution alimentaire dans le camp de réfugiés de Deir Al-Balah, à Gaza, le 27 avril 2020
Distribution alimentaire dans le camp de réfugiés de Deir Al-Balah, à Gaza, le 27 avril 2020 (MAHMOUD KHATTAB / MAXPPP)

Dans le camp de Qalandya, au pied du mur de séparation entre Jérusalem et Ramallah, tout le monde s’active pour lutter contre la maladie. Ici, il a fallu réagir vite, les conditions de vie étant déjà précaires : 12 000 personnes (c'est une approximation), et des habitants économiquement plus vulnérables.

Au milieu des ruelles étroites, devant un mur couvert de tags, Naser Katib, 29 ans, porte un masque, des gants, et son téléphone n’arrête pas de sonner. Il fait partie d’une petite équipe de neuf volontaires, le comité d’urgence du camp : "Dès le début du coronavirus, en tant que Palestinien qui vit dans ce camp, je me suis dit que c’était mon devoir et ma responsabilité de donner un coup de main, de connaître les besoins des habitants, les transmettre, voir en quoi je pouvais être utile." 

Naser se charge de la coordination et est accompagné d’un médecin et de son responsable. Ils viennent de tester un travailleur de retour d’Israël. Mais lutter contre la propagation du virus n’est pas facile tous les jours : dans le camp, la maladie a intensifié la peur, parfois même la stigmatisation des habitants. 
Difficile aussi de respecter les consignes, surtout au moment du ramadan. Même si les mosquées sont fermées, certains se retrouvent quand même en groupe pour prier.

Les organisations humanitaires débordées

L'Autorité palestinienne et les organisations humanitaires travaillent ensemble, mais les humanitaires ne peuvent pas tout faire. Ils sont débordées et il a fallu s’adapter.
Les écoles de l’UNRWA, par exemple, l’Agence des Nations Unies pour les réfugiés palestiniens, ont étés fermées et transformées en centres de quarantaine. Les cours se font par internet, mais il y a souvent ici des problèmes de coupures d’électricité, alors certains sont imprimés et distribués aux familles.

Il y a beaucoup plus de demandes d’aide que d’habitude, souligne Gwyn Lewis, directrice des opérations de l’UNRWA en Cisjordanie : "On nous a demandé beaucoup d’assistance alimentaire. Surtout maintenant, au moment du ramadan. Alors que c’est un moment que l’on fête en famille, là, les familles ont du mal à s’en sortir. C’est une réelle angoisse pour les habitants des camps, car ils sont déjà économiquement plus vulnérables."

Il y a plus de chômage. Ca fait déjà presque trois mois, et certains n’ont pas pu du tout retourner à leur travail.

Gwyn Lewis, directrice pour l'UNRWA en Cisjordanie

Le chômage a grimpé dans tous les territoires palestiniens : près de 70% de la population des camps à Gaza est au chômage. Et alors que les habitants demandent une aide financière, les caisses de l’UNRWA sont vides. L’Agence a lancé un nouvel appel aux dons et estime avoir besoin de 93,4 millions de dollars.
Des dons qui risquent d’être difficiles à trouver en pleine crise économique mondiale...

Distribution alimentaire dans le camp de réfugiés de Deir Al-Balah, à Gaza, le 27 avril 2020
Distribution alimentaire dans le camp de réfugiés de Deir Al-Balah, à Gaza, le 27 avril 2020 (MAHMOUD KHATTAB / MAXPPP)