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Le brief éco. Baisse de la TVA : oui pour l’Allemagne, non pour la France

La chancelière allemande, Angela Merkel, s'engage à faire baisser la TVA de 19 à 16%. La France qui a un niveau d'endettement public plus élevé qu'outre-Rhin, traîne des pieds.

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Le ministère de l\'Économie et des Finances dans le quartier Bercy à Paris. Photo d\'illustration.
Le ministère de l'Économie et des Finances dans le quartier Bercy à Paris. Photo d'illustration. (CATHERINE GRAIN / RADIO FRANCE)

Faut-il, ou non, baisser la TVA en cette période de crise pour relancer la consommation ? Le débat rebondit en Allemagne puisque Berlin vient d’annoncer une baisse de sa TVA. La France, pour sa part, refuse de s’engager sur cette voie.

La baisse de la taxe sur la valeur ajoutée revient régulièrement dans le débat en France. Dernier épisode en date : le mouvement des "gilets jaunes" qui en avait fait un cheval de bataille. La TVA est l’impôt qui a aujourd’hui le plus fort rendement pour l’État. Il pèse pour environ 45% de ses recettes fiscales. Inventée en 1954, cette taxe sur la consommation a rapporté en 2018 aux caisses publiques près de 210 milliards d’euros. Présenté comme égalitaire car il touche tous les consommateurs, cet impôt est aussi impopulaire car il renchérit le prix d’achat des biens et services.

Plan de relance allemand

La baisse de la TVA outre-Rhin est prévue dans le dernier plan de relance présenté mercredi dernier par la chancelière Angela Merkel. La TVA sera temporairement abaissée de 19 à 16%, et le taux réduit passera de 7 à 5% jusqu’au 31 décembre 2020. Pour ce seul semestre, la mesure coûtera 20 milliards d’euros à l’État allemand.

La France traîne les pieds

Face à la chute de l’activité des entreprises, les recettes issues des prélèvements obligatoires (TVA, cotisations, impôts sur les sociétés…) sont déjà revues en repli de 27 milliards d’euros dans le dernier budget 2020 rectifié. Une baisse de la TVA – qui devrait d’abord obtenir l’aval de Bruxelles – entraînerait un manque à gagner supplémentaire pour l’État qui est déjà face à un mur de dépenses et de dettes. La France a aujourd’hui un niveau d’endettement public nettement plus élevé que l’Allemagne. Berlin a les coudées plus franches en matière budgétaire et peut donc se permettre un geste en baissant la TVA.

Mais cette situation soulève un autre problème de fond : celui de la concurrence fiscale en Europe. Tant qu’il n’y aura pas de fiscalité commune à l’ensemble des pays européens, chacun – notamment les plus vertueux – jouera sa partie et pourra prendre une longueur d’avance sur ses concurrents voisins. C’est ce qu’est en train de faire l’Allemagne, alors que tout le monde est confronté à la même crise.

Le ministère de l\'Économie et des Finances dans le quartier Bercy à Paris. Photo d\'illustration.
Le ministère de l'Économie et des Finances dans le quartier Bercy à Paris. Photo d'illustration. (CATHERINE GRAIN / RADIO FRANCE)