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Le billet sciences. Le coronavirus se piste des toilettes aux stations d'épuration

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Une équipe de l’Université Sun-Yat-sen, en Chine, a montré que le virus pouvait survivre dans les selles de patients atteints par le coronavirus, même avec des faibles signaux.

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Radio France
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Cuvette de WC. Photo d'illustration. (AURÉLIE LAGAIN / FRANCE-BLEU BREIZH IZEL / RADIO FRANCE)

L’Agence sécurité sanitaire recommande plus de contrôles dans nos stations d’épuration. Si le coronavirus se propage principalement par les postillons, de plus en plus d’études constatent aussi qu’il empreinte d’autres voies, comme celles de nos réseaux d’assainissement. Pour le réseau d'eau potable, il n'y a pas d'inquiétude à avoir puisqu'une fois pompée, elle est filtrée, traitée au chlore et testée avant d’arriver dans nos maisons.

>> Trois questions sur l'ajout de chlore dans l'eau du robinet pendant l'épidémie de coronavirus

En revanche, l’Anses vient de recommander un traitement systématique des boues issues des stations d’épuration par précaution pour éviter la propagation du virus de nos toilettes à nos champs. L'eau sale qui s’échappe de nos sanitaires est filtrée dans des stations d’épuration. Une fois traitée, elle repart dans les rivières, mais il reste des boues. 70% d’entre elles sont épandues dans les champs comme fertilisants, la plupart du temps après avoir subi un traitement "hygiénisant" : elles sont chauffées à haute température, ou passées à la chaux vive. Dans ce cas-là, il n'y a pas de problème, le coronavirus ne résiste pas. Mais quelques petites stations d’épuration en zone rurale ne le font pas. Il faut donc faire attention pendant l’épidémie, estime l’agence, et protéger les agents de ces stations avec des équipements particuliers comme des masques.

Des traces du virus dans les eaux usées

Des chercheurs néerlandais ont trouvé des traces du virus dans les eaux usées de l’aéroport international d’Amsterdam, Schipol, quatre jours après l’annonce du premier cas dans le pays. Ils estiment que cela permettrait de suivre l'épidémie y compris chez les patients asymptomatiques et non testés.

Mais surtout ils confirment ce que des chercheurs chinois avaient déjà découvert début mars, intrigués par les symptômes de diarrhée, de nausée et de vomissements qu’avaient certains malades du Covid-19. Une équipe de l’université Sun-Yat-sen de Canton a montré que le virus pouvait survivre dans les selles de patients atteints par la maladie même avec des faibles signaux. Même si survivre ne veut pas dire réinfecter quelqu’un, par précaution, l’OMS recommande aussi de suivre cette voie de propagation de l’épidémie.

Le risque d'une infection oro-fécale est plus grand dans les pays qui ne sont pas dotés de système d’assainissement ou d’un réseau d’eau potable. Ailleurs, c’est comme avant : il faut bien se laver les mains en sortant des toilettes.

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