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Le billet sciences. Le coronavirus prendra-t-il des vacances ?

Le virus est légèrement sensible à la chaleur et à l’humidité mais il ne devrait pas disparaître cet été. Il pourrait revenir l'hiver prochain, d'après des chercheurs de l'université de Princeton (Etats-Unis).

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 Une cellule infectée par le Covis-19 au microscope électronique.
Une cellule infectée par le Covis-19 au microscope électronique. (MAXPPP)

Une nouvelle étude publiée dans Science nous dit qu'il ne faut pas compter sur la disparition du virus avec les chaleurs estivales, même si nous avons encore peu de recul sur son comportement par rapport au climatIl y a la version optimiste, celle à laquelle on aimerait bien croire : la fin du coronavirus cet été. Mais les analyses des chercheurs de l'université de Princeton, qui publient cette étude de modélisation dans Science, ont regardé ce qui s’est passé au Brésil, en Equateur ou en Australie pendant l’été austral. Ils estiment que le virus a une légère sensibilité à la chaleur et à l’humidité. Cela réduit sa transmission dans l'air ou sa durée de vie sur les surfaces. Mais penser que cela le fera totalement disparaître, c'est la version très optimiste. 

Vers un virus saisonnier et endémique

Comme d'autres travaux de recherche sur le virus, l’équipe de l’université de Princeton aux États-Unis se base principalement sur ce qui se passe avec d’autres coronavirus, comme celui de la grippe. Ils reconnaissent ne pas avoir beaucoup de recul sur l’influence du climat sur notre nouveau coronavirus. Cependant, ils voient bien que les autres se réduisent l’été pour revenir l’hiver. Ils deviennent saisonniers et endémiques, c’est-à-dire qu'ils restent dans la population au fur et à mesure que les années passent. Ils ne comptent pas sur un scénario comme le Sras de 2003. Les personnes malades étaient hospitalisées et isolées ce qui a contribué à mettre fin à sa transmission. Mais cette fois, il y a des personnes contagieuses sans symptômes, il est donc plus difficile de les isoler et de casser la chaîne.

Plus l'immunité augmente dans la population, plus nous nous attendons à ce que le virus soit sensible au climat.

Rachel Baker, université de Princeton

L'autre paramètre qui explique que cette étude ne table pas sur une fin totale du virus cet été, c'est le faible taux de personnes immunisées. C'est l'autre fin possible des virus, quand il y a plus de 70% d’une population qui ne peut plus l’attraper et le transmettre. En France, l’Institut Pasteur estime qu’elle est au mieux de 6% à la sortie du confinement.

Le virus peut donc encore largement se transmettre, même pendant l’été. Mais cette étude est une modélisation et le virus ne nous a pas encore tout dit de son comportement dans l’environnement, les chercheurs peuvent donc revoir leurs données. Il leur arrive même de se tromper. Ceux de l’Imperial College of London avait modélisé 60 000 victimes en Suède s’il n’y avait pas de confinement. Le pays n’a pas été aussi strict que la France et déplore finalement 3 700 morts. Pourtant, la plupart des chercheurs estiment qu’il ne faudra pas oublier les gestes barrières, comme les masques ou la distanciation physique, même pendant l’été.     

 Une cellule infectée par le Covis-19 au microscope électronique.
Une cellule infectée par le Covis-19 au microscope électronique. (MAXPPP)