Le billet sciences, France info

Le billet sciences. La contagiosité des enfants, une pièce maîtresse du "puzzle coronavirus" pour les chercheurs

Les études en cours ne permettent pas encore de lever les doutes sur le rôle des enfans dans la transmission du virus.

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Une jeune fille portant un masque chirurgical devant une école.
Une jeune fille portant un masque chirurgical devant une école. (MAXPPP)

Avant la rentrée post-confinement, le Conseil scientifique a fait un certain nombre de préconisations, comme celle de prendre la températures des enfants tous les matins, de laisser un mètre entre les élèves en classe et de porter un masque au collège et au lycée. Des mesures difficiles à appliquer dans toutes les écoles. Le conseil scientifique a pris acte de la décision du gouvernement de commencer le déconfinement pour les écoles, collèges et lycées à partir du 11 mai, même si dans une première note du 20 avril, il penchait plutôt sur une rentrée en septembre pour attendre de voir évoluer l'épidémie et pour répondre encore à certaines interrogations.

La transmission du virus chez les enfants est une pièce maîtresse du "puzzle coronavirus" qui manque aux chercheurs. Si les adolescents fonctionnent un peu comme les adultes, les moins de 12 ans ont peu de symptômes. Ne seraient-ils pas ceux qui diffusent le virus dans la population sans que l’on puisse s’en apercevoir ? En tous cas  les pédiatres étaient plutôt de cet avis au regard de ce qu’il se passe avec des maladies comme la grippe ou la bronchiolite.

Pas de "supercontaminateur"

Une étude de Santé publique France change la donne. En tous cas, elle vient de sacrément remettre en question cette hypothèse. C’est l’étude menée par Santé Publique France à partir des cas de Covid-19 aux Contamines-Montjoie, en Haute-Savoie. En retrouvant les cas contacts d’un jeune britannique de neuf ans, qui faisait partie des familles malades début février, les scientifiques l'ont dédouané de la diffusion du virus, tel un "supercontaminateur". En effet, sur les 172 personnes que l’enfant aurait pu infecter, aucune n’a eu le virus, même pas ses frères et sœurs.  

Ce n'est pas parce que ce cas montre un rôle moins important d'un enfant dans la transmission du virus que tout est remis en cause, mais il y a aussi de nouvelles données sur l’épidémie en France et dans d'autres pays comme l'Australie. Les enfants testés pour des suspicions de Covid-19 sont jusqu’à cinq fois moins positifs que les adultes et 80% des cas connus d’enfants qui ont la maladie avaient un adulte déjà infecté dans leur entourage. C'est en tous cas ce qu'a constaté, le pédiatre infectiologue au Centre hospitalier intercommunal de Créteil, Robert Cohen.

Cela peut-il être aussi une conséquence du confinement et de la fermeture des écoles ? Pour en avoir le cœur net, le docteur Robert Cohen a lancé une étude sur 600 enfants avec des résultats prévus pour la mi-mai. En attendant, il n’est pas trop inquiet pour la contamination entre les élèves en classe mais plutôt pour les groupes d’adultes agglutinés devant les écoles en attendant la sortie des enfants.

Une jeune fille portant un masque chirurgical devant une école.
Une jeune fille portant un masque chirurgical devant une école. (MAXPPP)