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Le billet sciences. Covid-19 et biodiversité : l’homme en quarantaine, un répit pour la nature

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L'une des conséquences heureuses du confinement, est que les animaux se réapproprient les territoires délaissés par les humains.

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Radio France
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Une cane avec ses petits le long de la Seine à Paris, le 1er avril 2020. Moins de voitures, de trafic, de bateaux sur le fleuve. Et les animaux reprennent leurs droits.  (CORBIS VIA GETTY IMAGES)

C'est une situation inédite pour la nature. On a vu des canards se promener sur la place de la Comédie Française à Paris, les oiseaux que l'on n'entendait plus chantent à pleine gorge, comme les fauvettes à tête noire, des rouges-queues entrent dans les halls d'immeuble...Le confinement, l'arrêt quasi total des nuisances sonores et de la pollution nous permettent de regarder la nature en pleine ville et surtout de l'entendre. 

"Le meilleur cadeau que l'Homme ait fait à la nature depuis longtemps" 

Allain Bougrain-Dubourg, président de la Ligue pour la protection des oiseaux, le souligne avec bonheur et raison :  "D’une façon générale, c’est l’animal qui est confiné, et pas l’humain, et cette fois-ci, c’est l’inverse. La faune va donc prendre ses aises dans les espaces jusqu’alors réservés aux humains. Habituellement, les animaux sont présents, mais on ne les voit pas, aujourd’hui ils s’épanouissent en fonction de leurs besoins naturels."  

Une situation inédite pour une faune bien mal-en-point, car rien qu’en France, 26 à 30% des espèces sont en voie de disparition.

Le bruit, une nuisance pour tous  

Parmi les dangers dus à l’urbanisation, il y a également le bruit qui étouffe les cris de reconnaissance et donc de reproduction des animaux.   

Une enquête américaine a montré que lorsqu’il y a de la pollution sonore, due aux voitures, les oiseaux, soit se taisent, soit sont obligés de s’exprimer avec beaucoup d’efforts. Cela les fragilise, les poussins s’époumonent lorsqu’ils ont faim ou sont en danger.

Allain Bougrain-Dubourg

Bruitparif, observatoire du bruit en Île de France a mesuré une diminution d’environ 80% des émission sonores. Selon les spécialistes, on redécouvre le son produit par un animal vivant, ce que l'on appelle la "biophonie qui chante en ville". En clair, les sons des êtres vivants ont remplacé ceux liés aux activités humaines. Beaucoup d’écologistes espèrent que ce répit offert à la nature pourra être prolongé.  

En période de confinement, les grandes villes sont décongestionnées. Ce couple de canard profitent du calme relatif pour s'aventurer rue de Sèvres, à Paris, le 30 mars 2020. (MEHDI TAAMALLAH / NURPHOTO / AFP)

Une biodiversité qu’il faut protéger  

Jamais depuis son balcon, sa fenêtre, et parfois son jardin, les Français n’ont regardé la nature avec autant d’attention et de bienveillance.   

Si la question climatique est rentrée dans les consciences, celle du déclin de la biodiversité reste sur le bord du chemin. Peut-être que cet épisode malheureux nous fera mieux prendre en compte l’importance de la biodiversité.

Allain Bougrain-Dubourg

Il est vrai qu’on voit des choses inhabituelles, comme des ragondins qui nagent sur La Seine, en compagnie de canards, dont certains s’aventurent même devant l’entrée du restaurant de La Tour d’Argent, dont le plat vedette est justement le canard au son !

On a vu des canards escortés par la police sur le périphérique, des singes par centaines dans une ville en Thaïlande, des cerfs en plein cœur de ville au Japon, des dindes sauvages à San Francisco. De multiples animaux sauvages, habitués à être nourris par les touristes, envahissent les villes en quête de nourriture. Peut-être est-ce le début d’une meilleure cohabitation entre les animaux et les humains ?

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