La santé mentale des futurs médecins s'est dégradée depuis 2017, selon une vaste enquête

Selon une étude réalisée par plusieurs syndicats de jeunes médecins et publiée mercredi, les trois quarts des étudiants en médecine présentent des symptômes anxieux. Cette proportion est en nette augmentation depuis 2017.

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Radio France
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Des étudiants font leur rentrée en médecine à l'université de Picardie - Jules Vernes (UPJV), le 25 août 2020 (illustration).  (FRED HASLIN / MAXPPP)

La santé des jeunes et futurs médecins a fortement pâti de la crise sanitaire liée au Covid-19 : voilà ce que révèle mercredi 27 octobre une étude* réalisée par trois syndicats de jeunes médecins (ISNI, Isnar-IMG et ANEMF). D'après cette étude, menée auprès de 11 754 étudiants en médecine de premier cycle, externes et internes, 75% des interrogés présentent des symptômes anxieux plus ou moins graves. Lors d'une précédente étude en 2017, ils étaient 66%. La crise sanitaire faire partie des facteurs explicatifs de cette aggravation de la santé mentale des étudiants en médecine, d'après le syndicat.

Par ailleurs, 39% d'entre eux présentent des symptômes dépressifs (contre 27,7% en 2017) et 67% des internes et externes connaissent un syndrome d'épuisement professionnel - ou burnout. Parmi les étudiants en premier cycle, 39% vivent un burnout. Si les difficultés mentales de ces étudiants se sont accentués, les pensées suicidaires sont en revanche moins fréquentes : 19,9% des sondés affirment en avoir eu, contre 23,7% en 2017.

Un quart des répondants victimes d'humiliations ou violences sexuelles 

En outre, un quart des répondants disent avoir été victimes d'humiliations ou de harcèlement sexuel, voire parfois d'une agression sexuelle. "Ces violences ont été infligées à l'hôpital pour la grande majorité d'entre elles par des médecins thésés", précise le rapport.

D'après l'étude, l'analyse des réponses au questionnaire permet de distinguer "trois groupes de difficultés en lien avec la santé psychologique des étudiants en médecine et des internes" : les conditions d'études et de travail (64,2% du corpus du texte, soit "l'écrasante majorité"), les troubles psychopathologiques conséquents (26%) et les violences sexistes et sexuelles subies (8,8%).

 *Etude menée auprès de 11 754 étudiants et internes qui ont répondu à un questionnaire accessible pendant six semaines entre mai et juin 2021. Afin de permettre une analyse rigoureuse des réponses, des échelles internationalement reconnues ont été utilisées avec des seuils généraux des mesures globales de santé mentale. Sur les 11 754 étudiants ayant répondu à l'étude, 3 167 étaient en premier cycle, 4 785 en deuxième cycle (externes) et 3 764 en troisième cycle (internes). Le niveau d'études de 38 étudiants n'est pas précisé.

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