La famine liée à l'épidémie de Covid-19 pourrait tuer jusqu'à 12 000 personnes par jour, plus que le virus lui-même

L'ONG Oxfam estime que le chômage massif, les perturbations dans la chaîne de production alimentaire et dans son acheminement liés à l'épidémie sont susceptibles de faire plus de victimes que la maladie en 2020.

Des bénévoles livrent des denrées alimentaires dans un quartier de Lagos, au Nigeria, le 7 juin 2020. 
Des bénévoles livrent des denrées alimentaires dans un quartier de Lagos, au Nigeria, le 7 juin 2020.  (OLUKAYODE JAIYEOLA / NURPHOTO / AFP)

La crise économique provoquée par la pandémie de coronavirus pourrait être plus meurtrière que le virus lui-même. Un rapport de l'ONG Oxfam (lien en anglais) publié jeudi 9 juillet estime que jusqu'à 12 000 personnes pourraient mourir de faim chaque jour d'ici la fin de l'année, contre "10 000 morts quotidiens au plus fort de l'épidémie de coronavirus, en avril".

L'ONG a identifié de nouveaux épicentres de cette famine, pointant le Brésil, l'Inde, des pays du Sahel, le Venezuela, Haïti ou encore le Yémen. "'Le virus de la famine(PDF en anglais) révèle comment 121 millions de personnes supplémentaires pourraient se trouver au bord de la famine cette année en conséquence de l'effondrement social et économique dû à la pandémie, y compris le chômage massif, les problèmes dans la chaîne de production et d'acheminement des denrées alimentaires et le déclin des aides humanitaires", écrit Oxfam dans le résumé de son étude. 

"Le coup de grâce" 

"Le Covid-19 est le coup de grâce pour des millions de personnes qui subissent déjà les impacts de conflits, du réchauffement climatique, des inégalités et d'un système alimentaire qui a déjà appauvri des millions de producteurs et travailleurs", a déclaré la directrice par intérim d'Oxfam International, l'Espagnole Chema Vera. 

Dans la présentation de ce rapport, elle a ainsi indiqué que "huit des plus importantes multinationales du secteur alimentaire avaient versé 18 milliards de dollars à leurs actionnaires depuis le mois de janvier, même quand la pandémie se répandait à travers le monde – soit 10 fois plus que ce dont nous avons besoin pour remédier à la faim, selon l'ONU".