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Coronavirus : la crainte d'une deuxième vague en Chine après le confinement de Jia au nord de Wuhan

C'est une information troublante et inquiétante : la mise en confinement d’une nouvelle zone géographique au centre de la Chine, zone jusqu’à présent épargnée par le virus du Covid-19, du moins officiellement.  

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Une femme portant un masque se faisant contrôler la température à Wuhan, le 2 avril.
Une femme portant un masque se faisant contrôler la température à Wuhan, le 2 avril. (HECTOR RETAMAL / AFP)

Les autorités chinoises n’en ont pas fait la publicité, mais les faits sont établis : mercredi 1er avril, les 650 000 habitants du district de Jia ont été placés en confinement. Jia est situé dans la province du Henan, au nord du Hubei, la région où tout a démarré et qui est restée en black-out complet jusqu’à ces derniers jours.

Les habitants de Jia doivent désormais rester chez eux et seuls les commerces essentiels sont ouverts : alimentation, pharmacies, stations essence et bien sûr hôpitaux. Bref, c’est comme en France. Lors de toute sortie, il faut porter un masque et prendre sa température. Et tout le monde a été invité à faire des provisions en réserve. Tout le district est bouclé : interdiction d’y entrer et d’en sortir. Et tout ça s’est opéré assez discrètement, via une directive officielle en ligne. Le pouvoir chinois n’en a pas parlé plus que ça.  

Une transmission par des porteurs asymptomatiques

Ce nouveau confinement inquiète, parce qu’il pourrait être le révélateur d’une deuxième vague, d’un rebond de l’épidémie. S'il est trop tôt pour en arriver à cette conclusion, on sait à peu près ce qui a déclenché cette décision de confinement, et ça met la puce à l’oreille. Au départ, trois collègues médecins du district de Jia ont été détectés comme porteurs asymptomatiques du virus. Auparavant, l’un de ces médecins était allé porter assistance aux hôpitaux du Hubei. Les trois docteurs ont été placés en quarantaine, mais trop tard : l’un de ces médecins avait déjà transmis le Covid-19 à une patiente de 59 ans. Et c’est alors que le pouvoir chinois a déclenché le bouclage de la zone.

Cet épisode dessine donc l’hypothèse d’une deuxième vague de contamination. Le processus est simple à comprendre : comme il y a beaucoup de porteurs asymptomatiques, si tout le monde n’est pas testé, chaque porteur peut transmettre le virus sans le vouloir et le savoir. Et ça peut repartir pour un tour. Du moins évidemment tant qu’il n’y a pas de vaccin, ou tant qu’il n’y a pas d’immunité collective. Mais ça, on en est certainement très loin en Chine : il va se passer du temps avant que plus de la moitié du milliard 400 millions de Chinois ait attrapé le virus pour développer une immunité naturelle.  

Des accrochages avec la police aux frontières du Hubeï

Si on en croit Pékin, l’épidémie est pourtant sous contrôle dans le pays. Officiellement, la Chine en est toujours à 82 000 cas et 3 300 morts. Et quasiment aucun nouveau cas ou plutôt uniquement une quarantaine de cas "importés", à Pékin, Shanghai ou Hong Kong, donc des cas liés à l’arrivée sur le sol chinois d’étrangers contaminés. Cette version officielle permet à Pékin de dire que la pandémie est maîtrisée, et que le reste est la faute des autres. Mais on le sait, il y a un gros doute sur la réalité du bilan. Et cet épisode dans le district de Jia sème le trouble. Il laisse penser que de nouveaux cas natifs en Chine sont plausibles.

Ajoutons que dans le même temps, la réouverture de la province de Hubeï se poursuit. A Wuhan même, ce sera mercredi 8 avril. Du coup, de nombreux habitants cherchent à fuir. Et ça a déclenché en fin de semaine dernière des accrochages avec la police, notamment à la frontière avec une autre province, celle de Jiangxi, au Sud. 

Une femme portant un masque se faisant contrôler la température à Wuhan, le 2 avril.
Une femme portant un masque se faisant contrôler la température à Wuhan, le 2 avril. (HECTOR RETAMAL / AFP)