JO 2021 : à 50 jours de l'ouverture, les défections s'enchaînent

L'organisation des Jeux de Tokyo a reconnu que près de 10 000 volontaires avaient jeté l'éponge, sans pour autant craindre pour la tenue de l'événement.

Article rédigé par
France Télévisions
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 3 min.
Les anneaux des Jeux olympiques sont éclairés à Tokyo (Japon), le 14 avril 2021. (CHARLY TRIBALLEAU / AFP)

Le Covid-19 n'a pas fini de laisser planer son ombre sur les Jeux Olympiques de Tokyo. A 50 jours de l'ouverture du rendez-vous planétaire, l'organisation a été forcée de reconnaître qu'une nouvelle vague liée au coronavirus se faisait sentir, celle des défections de volontaires. Le directeur général de Tokyo-2020 Toshiro Muto, a admis mercredi soir à des médias locaux qu'environ 10 000 bénévoles avaient jeté l'éponge.

Muto met en avant les craintes sanitaires comme principale justification à ces retraits. "Je pense qu'il n'y a aucun doute qu'une des raisons est l'inquiétude devant les infections au coronavirus", a-t-il expliqué. Entre la menace du Covid, le scepticisme d'une grande partie de la population – même si les derniers sondages semblent montrer que l'opinion publique japonaise est moins réticente à ces Jeux – et des problèmes d'organisation dus au report d'un an de la compétition, ce sont plus de 12% des volontaires qui manqueront finalement à l'appel.

Guides, traducteurs, ou encore agents d'accueil, certaines de ces personnes de l'ombre faisaient également partie du corps médical appelé en renfort, selon l'important média nippon NHK. Ce personnel, dont le recrutement avait été difficile à cause des résurgences du coronavirus au Japon, s'annonce comme essentiel pour la bonne tenue des Jeux Olympiques. Le 26 avril dernier, l'organisation avait rendu publique sa demande auprès de l'Association des Infirmiers du Japon afin de mobiliser 500 infirmières supplémentaires, provoquant de vives réactions du corps médical comme du grand public.

Pas d'annulation en vue

Le comité d'organisation des Jeux de Tokyo se refuse pourtant à céder à la panique. Toshiro Muto a déclaré que le nombre plus faible de volontaires n'affecterait "pas sérieusement" la compétition. Le directeur général de Tokyo-2020 a ainsi mis en avant des JO à l'ampleur réduite par l'absence de public étranger et la réduction du nombre d'officiels au sein des délégations pour calmer le risque éventuel créé par ces défections.

Un laboratoire de recherche surle Covid-19 à Tokyo (Japon). Photo d'ilustration. (DAVID MAREUIL / ANADOLU AGENCY)

La présidente de Tokyo-2020, Seiko Hashimoto, a par ailleurs réitéré son intention de voir la compétition se dérouler comme prévu, balayant une nouvelle fois l'option d'une annulation. Le Japon fait toujours face à une quatrième vague de contaminations, entraînant le déclenchement de l'état d'urgence jusqu'au 20 juin prochain minimum. "Si divers pays du monde connaissent des situations très graves, et que les délégations de la plupart des pays ne peuvent pas venir, alors nous ne pourrions pas les organiser", a déclaré Seiko Hashimoto au quotidien Nikkan Sports. "A moins qu'une telle situation n'apparaisse, les Jeux ne seront pas annulés".

Les premières équipes arrivent au compte-goutte au Japon ces derniers jours. La première équipe olympique - des joueuses de softball d'Australie - est arrivée mardi dans la ville d'Ota, à une centaine de kilomètres au nord-ouest de Tokyo, où se situe sa base d'entraînement.

A peine arrivées, les délégations connaissent leurs premières difficultés

Mais, signe des difficultés rencontrées par les organisateurs, un membre de l'équipe de football Espoirs du Ghana a été contrôlé positif à son arrivée au Japon pour un match amical, tard dans la nuit de mercredi à jeudi, selon la Fédération japonaise de football. Tous les joueurs de l'équipe du Ghana, qui doit affronter les Espoirs du Japon samedi, avaient été testés négatifs dans les 72 heures précédant leur départ pour le Japon.

L'inquiétude reste de mise pour certaines provinces qui devaient accueillir des équipes dans leur préparation à l'événement. Le comité olympique kenyan a annoncé mercredi que la ville de Kurume l’avait informé en début de semaine de son incapacité à recevoir ses athlètes à cause d'une situation sanitaire "extrêmement sérieuse, devenue critique depuis la mi-avril." Les installations sportives qui devaient être utilisées par les sportifs du Kenya ont ainsi été transformées en centres de vaccination.

Cette journée des J-50, habituellement synonyme d'effervescence et d'excitation, restera à l'image de toute la préparation des Jeux : teintée de doute.

Prolongez votre lecture autour de ce sujet

tout l'univers Covid-19

Commentaires

Connectez-vous à votre compte franceinfo pour participer à la conversation.