"Je vois 36,5°C" : munis de casques intelligents, les agents de l'aéroport de Rome-Fiumicino mesurent la température des passagers pendant la crise du Covid-19

Si les touristes reviennent timidement depuis que les frontières ont rouvert aux Européens, l'Italie a une priorité : la sécurité sanitaire face au coronavirus. L'aéroport de Rome-Fiumicino est le seul aéroport européen doté de trois casques intelligents à vision thermique. 

Floriana, agent de l\'aéroport de Rome-Fiumicino, porte un casque intelligent à vision thermique. 
Floriana, agent de l'aéroport de Rome-Fiumicino, porte un casque intelligent à vision thermique.  (BRUCE DE GALZAIN / FRANCE-INTER)

Ils sont trois à parcourir le terminal 3, le seul ouvert de l'aéroport de Rome-Fiumicino, en Italie. Ils portent un casque intelligent muni d'une caméra sur le côté et d'une visière argentée. La spécificité de ce masque : il mesure la température des passagers. "Notre collègue peut visualiser les gens à 7 mètres de distance, explique Ivan Bassato, le directeur opérationnel de l'aéroport de Rome. Elle a un viseur sur son œil gauche qui utilise les techniques de la réalité augmentée et obtient immédiatement la température de la personne qui est devant elle. Ce n'est pas une caméra qui filme, c'est une caméra thermique." Derrière le casque, Floriana, le visage caché par un masque, nous explique ce qu'elle voit. "Je vois une température de 36,5°C, annonce-t-elle. Je peux voir le corps et je peux avoir la température du visage aussi ou du corps en entier qui apparaît en couleur mais l'image n'est pas bien définie."

Des données anonymes non conservées

Depuis que les frontières de l'Italie ont rouvert mercredi 3 juin aux citoyens de l'Union européenne, les touristes reviennent timidement dans le pays. Indispensable pour l'Italie, le tourisme représente 13% de sa richesse nationale (PIB). La sécurité est donc la priorité pour rassurer les passagers qui ne sont pas vraiment gênés par cette mesure de la température prise à leur insu. "Non, ça va je suis d'accord, nous dit Franco qui attend son avion assis seul sur un banc, mais il faudrait selon moi un peu plus de liberté quand même. Ça commence à revenir maintenant", estime le passager

L'objectif c'est la sécurité sanitaire de tout le monde.Ivan Bassato, directeur de l'aéroport de Rome-Fiumicinoà franceinfo

Le directeur de l'aéroport, Ivan Bassato, explique que la confidentialité est assurée car les données sont anonymes et ne sont pas conservées."Il n'y a aucun problème pour la protection des données personnelles, assure-t-il, et nous avons quand même mis des panneaux informatifs dans le terminal pour prévenir que la température pouvait être prise ainsi."

Trois casques et 80 caméras thermiques 

La sécurité est bien sûr la priorité pour rassurer touristes et passagers. À Fiumicino, la prise de température à l'arrivée a débuté dès le mois de février, puis petit à petit elle a été prise au départ. Cela fait donc des mois que les mesures sont appliquées mais Onazio, qui part pour Francfort, n'est pas vraiment rassuré. "Je n'ai pas vu beaucoup de contrôles, je suis passé facilement. On m'a seulement demandé où j'allais et je suis entré. Peut-être qu'ils vont prendre ma température maintenant. Il faut des contrôles pour voyager en sécurité. Moi, c'est la première fois depuis des années que je pars à l'étranger alors je suis un peu tendu", explique-t-il. Mais Onazio sera bien contrôlé, car au-delà des trois casques intelligents, 80 caméras thermiques fixes sont installées aux différentes entrées de l'aéroport et la Croix-Rouge vérifie sur une tablette la température de chacun.