"Je vais réveillonner en petit comité" : à Pékin, on se prépare à un Nouvel an morose, sur fond d'épidémie de coronavirus

Le bilan s'est encore alourdi en Chine. 25 personnes sont mortes du coronavirus et  830 personnes sont désormais officiellement contaminées, 177 sont dans un état jugé grave.

A Pékin, le 23 janvier 2020. La capitale chinoise a annulé les festivités du Nouvel an, en réponse à l\'épidemie de coronavirus. 
A Pékin, le 23 janvier 2020. La capitale chinoise a annulé les festivités du Nouvel an, en réponse à l'épidemie de coronavirus.  (NOEL CELIS / AFP)

De mémoire de Pékinois, on n'avait jamais connu ça. Les autorités locales ont décidé d’annuler les grandes festivités traditionnelles du Nouvel an lunaire, vendredi 24 janvier, qui attirent chaque année des millions de personnes dans les grands parcs de la capitale, en raison de lépidémie de coronavirus qui a déjà tué 25 personnes. Et une dizaine de villes ont été bouclées dans le centre du pays, autour de Wuhan, considéré comme foyer de l'épidémie.

"Ils ont annulé pour la sécurité de tous les Chinois"

Dans la capitale, la Cité interdite et le "Nid d’Oiseau", l’ancien stade olympique, sont fermés. La ville a décidé de supprimer tous les grands rassemblements publics pour éviter la contagion. Une décision qu'Allison, masque sur le visage, approuve. "Ils ont annulé pour la sécurité de tous les Chinois. Je trouve que c'est bien pour la santé de la population, poursuit Allison Je serai chez moi, avec ma famille. La plupart des Chinois resteront chez eux".    

Madame Li reste elle aussi à Pékin pour le réveillon du Nouvel an lunaire, vendredi soir. Elle a annulé son voyage en province pour éviter de prendre le train ou l’avion. Se déplacer lui fait peur. "Je vais réveillonner juste avec mes parents, dit-elle. Nous serons en tout petit comité. Je pense qu’on doit faire très attention, c'est de notre propre responsabilité de nous protéger." 

Des centaines de millions de Chinois se sont quand même déplacés

Les 3 000 Francais enregistrés à Pékin sont informés régulièrement par l’ambassade de la situation, confirme Christophe Rovan. Ce restaurateur installé à Pékin depuis une qinzaine d’années, n'avait pas vu de telles mesures de précaution "depuis le SRAS en 2003". "On démarre le Nouvel an, ce qui en Chine est un évènement majeur, l'évènement familial et festif de l'année. Je sens les autorités prêtes à réagir vite, et fortement, en cas de réelle propagation, y compris à Pékin."  

Le cœur n'est donc pas à la fête en Chine même si des centaines de millions de Chinois se sont quand même déplacés pour rejoindre leur famille. 

Dominique André a rencontré des Pékinois privés de festivités du Nouvel an lunaire pour cause de Coronavirus.
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