"J’ai des amis qui, à 50 ans, retournent dormir chez papa et maman", la détresse des guides-conférenciers bordelais

Depuis un an, les guides-conférenciers ne voient pas le bout du tunnel. Sans perspective de retour au travail, ils estiment les aides insuffisantes et sont parfois contraints de changer de métier.

Article rédigé par
Farida Nouar - franceinfo
Radio France
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Temps de lecture : 1 min.
Un guide conférencier fait visiter le cimetière de la Chartreuse, à Bordeaux, en juillet 2020 (illustration). (STEPHANE LARTIGUE / MAXPPP)

Ils n'ont plus travaillé depuis août, septembre ou octobre, des guides-conférenciers de Bordeaux tirent la sonnette d'alarme. "Je n’ai pas de perspectives, je ne sais pas quand je vais pouvoir retravailler", s'inquiète Isciane Labatut. Entre l'absence de touristes, la fermeture des frontières et l'impossibilité de faire des visites en raison de l'interdiction de se regrouper sur la voie publique, la crise sanitaire pénalise fortement et durablement la profession qui demande au gouvernement un calendrier et une garantie sur les aides. 

Seulement 55 % des guides perçoivent le fond de solidarité d’après une enquête nationale et son montant varie d'un guide à l'autre. "Il y a plusieurs statuts chez les guides, explique Frédéric Béchir, membre de l’association des guides de Nouvelle Aquitaine. Beaucoup de gens ne touchent que 100 euros". D'après lui, de nombreux guides-conférenciers ont changé de métier et s'occupent en faisant de la garde d’enfants, des vendanges, ou sont employés dans des supermarchés. 

Détresse psychologique

Contraints de quitter un métier qui les passionnent pour subvenir à leurs besoins, certains accusent "de gros problèmes psychologiques", assure Frédéric Béchir. "J’ai des amis à Paris qui, à 50 ans, retournent dormir chez papa et maman", témoigne Hervé Jolis, guide à Bordeaux. Lui-même consulte désormais un psychologue pour la première fois de sa vie.

De gauche à droite : Frédéric Béchir, Isciane Labatut et Hervé Jolis (1er février 2021) (RADIO FRANCE/ Farida Nouar)

Tout pourrait pourtant repartir, assure Isciane Labatut. "On a pris l’habitude d’avoir nos masques, on a les distanciations sociales, on est en extérieur", argumente-t-elle. La guide-conférencière se sent "classée dans les non-essentiels" et s'inquiète aussi de la solitude des "personnes qui ne viennent plus assister à nos conférences ou à nos visites guidées".

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