"J'ai pris un train plus tôt pour arriver chez moi à temps" : à la gare du Nord, on se presse pour éviter la quatorzaine en Grande-Bretagne

Le gouvernement britannique a annoncé jeudi qu'une quatorzaine sera imposée aux personnes en provenance de France à partir de samedi.

Des passagers sont sur le point d\'embarquer dans un train Eurostar à la Gare du Nord à Paris, le 31 janvier 2020 (photo d\'illustration).
Des passagers sont sur le point d'embarquer dans un train Eurostar à la Gare du Nord à Paris, le 31 janvier 2020 (photo d'illustration). (MARTIN BUREAU / AFP)

La reprise de l’épidémie de Covid-19 en France fait peur à nos voisins. Londres a annoncé, dans la soirée du jeudi 13 août, une quatorzaine pour toute personne arrivant sur le sol britannique en provenance de France que ce soit des touristes, des expatriés ou des ressortissants britanniques. 

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La décision doit rentrer en vigueur à partir de samedi, à minuit. Au risque de provoquer des embouteillages aux frontières. À la gare du Nord à Paris vendredi 14 août, d’où part l’Eurostar, certains s'attendent à ce qu'il y ait de plus en plus de monde au fil de la journée. Kelsey, par exemple, devait rentrer vendredi soir de vacances passées en Champagne-Ardenne. Elle a finalement pris l'Eurostar de 11h13. "J'ai pris un train plus tôt pour arriver chez moi à temps, explique-t-elle. J'avais peur qu'il y ait trop de monde ce soir et d'être finalement coincée ici dans de longue file d'attente."

Les derniers billets à 300 euros

Des dizaines de milliers de vacanciers britanniques en France et pas de place pour tout le monde dans les deux derniers Eurostar de vendredi après-midi. Sacha, une Britannique qui habite à Paris, a échangé son billet dès jeudi soir pour Londres. Elle va rendre visite à sa fille, qu'elle n'a plus vue depuis six mois, et elle ne comprend pas la décision de son gouvernement : "Je pense que c'est complètement stupide."

C’est le gouvernement anglais en ce moment, ils font des choses pour des raisons politiques et pas pour des raisons sanitaires.Sacha, Britannique vivant à Paris

Les derniers billets qu'il reste pour l'Eurostar sont désormais à plus de 300 euros. Tant pis, Quentin les a payés. Ce Français devait déménager la semaine prochaine à Londres, où il a trouvé du travail. "C'est le prix pour ne pas être déprimé pendant deux semaines, explique-t-il. Sinon, on est obligé de rester deux semaines enfermés dans un studio pris sur Airbnb. Ne pas être autorisé à sortir, c'est horrible. Ça avait l'air pire que le confinement."

Des larmes sur les quais

Et les galères d'organisation vont durer au-delà de cette seule journée. Des voyageurs comme Pauline, qui devait passer un week-end entre amis à Londres la semaine prochaine, sont déjà venus se renseigner : "On est venus voir si on peut reconduire le billet parce qu'il n'est pas remboursable. J’ai pourtant pris le billet à la gare et on me dit d'aller sur internet pour changer mon départ."

L'autre histoire de cette quatorzaine soudaine imposée par le Royaume-Uni aux voyageurs arrivant de France, ce sont les au revoir sur les quais de la gare du Nord. Là non plus n'était pas prévu avec des larmes inattendues sur les joues des voyageurs.