"J'ai conscience que ce n'est pas du tout raisonnable" : ils fêteront le Nouvel An malgré le Covid-19 et les recommandations sanitaires

Pour certains, Covid-19 ou pas, l'heure sera à la fête le soir du 31 décembre, quitte à jouer au chat et à la souris avec la police. Au menu, peu de distanciation physique, mais la conscience que le virus est bien là et qu'il faudra faire attention.

Article rédigé par
Paola Guzzo - franceinfo
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 2 min.
Réveillon du Nouvel An. (XAMAX / DPA / MaxPPP)

"On ne peut pas, pour une soirée, prendre le risque de bloquer à nouveau le pays pendant des semaines." Le ministre de la Santé Olivier Véran a carrément conseillé aux Français de ne pas fêter le Nouvel an. Consigne difficilement acceptée par les jeunes qui souffrent depuis des mois d'isolement. Certains ont donc décidé, malgré tout, d’organiser de grosses soirées pour le soir du Nouvel-An.

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Aussi, Covid-19 ou pas, le réveillon du 31 sera aussi festif que les précédents pour Matthieu. Il a prévu d’accueillir ses amis dans une grande maison pour faire la fête durant toute la durée du couvre-feu, jusqu’au petit matin. "On a compté, explique-t-il, on va être entre 25 et 30 personnes. On aura installé de la musique puisqu'on a du matériel vu que mes potes et moi on est dans la culture, dans l'intermittence du spectacle." "Donc voilà, conclut Matthieu : musique, danse, apéro, de quoi manger et passer du bon temps entre amis."

Habitués aux free parties et aux amendes

Matthieu est un habitué des free parties, ces rassemblements musicaux et artistiques autogérés par des bénévoles. Les amendes y sont courantes. Il s’est donc préparé à un éventuel passage de la police.

Le 'jeu', c'est de jouer et d'essayer de ne pas se faire prendre. S'ils nous disent de baisser, on baissera le son. On essaiera de négocier avec eux pour que ça se passe le mieux possible.

Matthieu

à franceinfo

"On a quand même conscience de la gravité de la situation sanitaire et du nombre de morts, tempère Matthieu, mais ça ne nous empêche pas de faire une soirée parce qu'on a des amis qui sont responsables, qui ont fait des tests, d'autres qui ne viennent pas, d'autres qui ne sont pas avec des personnes à risque et qui ne vont pas rejoindre des personnes à risque."

Sabine, elle, accueillera une vingtaine de personnes près de Paris. "J'aime me dire que tous ceux qui veulent venir peuvent, et tout le monde peut venir avec ceux dont ils sont proches parce que, pour moi, c'est une fête où il faut que tu sois avec tes meilleurs potes, indique-t-elle. Au début, on se disait que personne n'allait venir et on s'est peu à peu rendu compte qu'on devenait le refuge de tout le monde."

Et même ceux qui sont le plus sérieux au niveau du Covid-19 viennent quand même, parce que de toute façon je pense que tout le monde a envie de se retrouver et de faire la fête.

Sabine

à franceinfo

Sabine le sait, impossible de respecter la distanciation sociale dans un 50m2, alors oui, elle culpabilise un peu. "J'ai conscience que ce n'est pas du tout raisonnable. J'ai conscience que c'est égoïste et hypocrite, mais à 25 ans, quand ça fait un an que tu n'as plus trop de vie sociale, et comme je vois que même les plus sérieux ils ont envie de le faire, je ne me sens pas moins coupable. Mais je me dis que si tout le monde a envie de faire comme moi, et bien allons-y."

D’autres organisateurs de soirées sont plus stricts. Test PCR négatif et gobelet personnel sont obligatoires pour rentrer. Mais pour tous, cette soirée est nécessaire pour terminer une année compliquée.    

Des réveillons malgré le Covid-19 : reportage de Paola Guzzo
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