Infographies Risque d'une quatrième vague en France : que disent les indicateurs sur le Covid-19 avant les grands départs en vacances ?

Les contaminations repartent à la hausse et avec elles le taux d'incidence à l'échelle nationale.

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Des passants dans une rue commerçante de Bordeaux, le 25 juin 2021.  (VALENTINO BELLONI / HANS LUCAS / AFP)

"Le risque d'une quatrième vague rapide est là." Trois jours après Olivier Véran, le porte-parole du gouvernement, Gabriel Attal, a à son tour alerté sur la possibilité d'une nouvelle vague de l'épidémie de Covid-19 du fait d'une progression claire du variant Delta, "redoutable et extrêmement rapide", mercredi 7 juillet. Le variant représente désormais 40% des nouveaux diagnostics, contre environ 20% il y a une semaine. "Onze régions voient leur taux d'incidence augmenter, avec des dynamiques épidémiques particulièrement fortes en Paca ou en Ile-de-France", a développé Gabriel Attal, en précisant que la situation se détériorait aussi à La Réunion ou en Martinique.

Que disent les chiffres de l'épidémie sur la situation sanitaire en ce début de mois de juillet ? Eléments de réponse.

Les contaminations repartent à la hausse

Depuis plus d'une semaine, la courbe du nombre quotidien de contaminations au Covid-19 marque un rebond. La moyenne glissante sur sept jours, mercredi soir, était de 2 766 nouveaux cas quotidiens, contre 2 534 en moyenne mardi. Le 30 juin, la moyenne journalière des nouveaux cas était de 1 854. Cet indicateur a donc augmenté de 50% en une semaine.

Il en découle que le taux d'incidence, c'est-à-dire le nombre de nouveaux cas sur une semaine pour 100 000 habitants, repart également à la hausse à l'échelle nationale. Il était de 24,1 le 3 juillet, contre 20,4 le 30 juin et 18,8 le 28 juin.

"Le fait que l'on démarre une quatrième vague est à peu près acquis", explique à franceinfo l'épidémiologiste Renaud Piarroux, chef du service de parasitologie à l'hôpital de la Pitié-Salpêtrière, à Paris. "Nous avons l'impression que nous sommes autour de 50% (de nouveaux cas) en plus par semaine. Il est encore très tôt, on ne sait pas comment cette courbe va évoluer", tempère-t-il. Néanmoins, "50% (de plus) par semaine, cela finira bientôt par être beaucoup."

Le taux d'incidence augmente dans plusieurs départements

Le taux d'incidence reste, à ce stade, inférieur au seuil d'alerte (50 nouveaux cas par semaine pour 100 000 habitants) dans presque tous les départements de l'Hexagone. Paris a toutefois franchi ce point : entre le 27 juin et le 4 juillet, elle affichait un taux d'incidence de 57 nouvelles infections au Covid-19 pour 100 000 habitants. Ce taux est de 50 dans le département des Landes, qui a subi une recrudescence de l'épidémie du fait d'une circulation active du variant Delta.

Le seuil d'alerte est largement franchi en Guyane (avec un taux d'incidence de 185), à La Réunion (157) ainsi qu'en Martinique (115).

Même sous le seuil d'alerte, cet indicateur repart néanmoins à la hausse dans un certain nombre de régions. En Provence-Alpes-Côte d'Azur, le nombre de nouvelles contaminations sur une semaine a augmenté de 83% entre le 27 juin et le 4 juillet, passant de 659 à 1 208 nouveaux cas. Ce boom est particulièrement fort dans le Var (+107%), dans le Gard (+98%) et dans les Alpes Maritimes (+88%). En Ile-de-France, les nouveaux cas se sont envolés de plus de 49%, avec 4 512 nouvelles contaminations sur une semaine au 4 juillet contre 3 029 au 27 juin. Ce rebond se fait ressentir le plus fortement à Paris (+101%) et dans les Yvelines (+79%). Dans les territoires d'outre-mer, la Martinique enregistre une hausse extrêmement forte du taux d'incidence : +274% du 27 juin au 4 juillet.

"Un cluster peut impliquer une hausse de 150%" du taux d'incidence localement, si le nombre de nouveaux cas à l'origine était très faible, nuance toutefois l'épidémiologiste Renaud Piarroux. En Corse, par exemple, le nombre de cas a presque triplé en deux semaines, mais en passant de 11 à 27 nouvelles contaminations, des chiffres qui restent extrêmement bas. "Il n'y a rien d'affolant" dans ces évolutions, poursuit Renaud Piarroux, même si "la hausse moyenne" du taux d'incidence à l'échelle nationale "est suffisante pour se dire qu'il va y avoir quelque chose".

Les jeunes sont particulièrement touchés

Le taux d'incidence reste stable pour plusieurs tranches d'âge, mais il augmente nettement, depuis fin juin, pour les 20-29 ans, catégorie pour laquelle il s'élève désormais à 65 nouveaux cas pour 100 000 personnes. Les 20-29 ans sont, à ce stade, la seule catégorie d'âge où le seuil d'alerte est dépassé.

Ce taux d'incidence chez les 20-29 ans était de 35 le 25 juin, puis il a atteint 46 le 30 juin, avant de s'élever à 57 le 2 juillet. Pour Renaud Piarroux, plusieurs facteurs expliquent cette recrudescence spécifique à la jeunesse : "Une tranche d'âge moins vaccinée, la levée des restrictions qui touche davantage les jeunes"et "un virus plus contagieux", "qui nécessite moins d'être dans un espace confiné pour être transmis". L'épidémiologiste prévient que ce "gradient de contaminations en fonction de l'âge" est amené à "se maintenir", "mais si le niveau augmente chez les jeunes, il va augmenter aussi dans d'autres tranches d'âges".

Une tendance encore à la baisse à l'hôpital

Concernant les hospitalisations liées au Covid-19, la tendance reste à la baisse, même si celle-ci devient moins franche au fil des jours. Mercredi, 140 admissions à l'hôpital ont été recensées en 24 heures, soit une moyenne lissée sur sept jours de 110 nouvelles hospitalisations. "C'est très bas et cela va continuer de descendre, mais de plus en plus lentement", souligne Renaud Piarroux.

Faut-il craindre un rebond prochain des nouvelles hospitalisations, en répercussion d'un début de recrudescence des contaminations ? "Si les cas augmentent, il y aura beaucoup de chemin à faire avant d'arriver à 3 000" nouvelles hospitalisations quotidiennes, comme au pic de la troisième vague, rassure Renaud Piarroux. "En termes d'hospitalisations, cette nouvelle vague a toutes les raisons d'être moins importante que les précédentes", ajoute l'épidémiologiste. "On peut encore l'éviter", en premier par la vaccination.

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