Infographies Covid-19 : les enfants sont-ils davantage touchés par la reprise épidémique que lors des vagues précédentes ?

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Un masque chirurgical est rangé dans une boîte avec des affaires scolaires, dans une école élémentaire des Hautes-Alpes, le 25 février 2022. (THIBAUT DURAND / HANS LUCAS / AFP)

Alors que les contaminations au Covid connaissent un rebond depuis trois semaines et que le masque n'est plus obligatoire à l'école, franceinfo fait le point sur la situation épidémique chez les enfants.

Depuis deux semaines, enfants et professeurs ont pu faire tomber le masque à l'école en application du dernier protocole sanitaire. Mais dans le même temps, l'épidémie repart : le nombre de nouveaux cas quotidiens a doublé sur les deux dernières semaines. Face à ce rebond épidémique, certains établissements font marche arrière et prennent l'initiative de rendre le masque de nouveau obligatoire. C'est par exemple le cas dans plusieurs établissements du Finistère, un des départements ayant le taux d'incidence lissé sur sept jours le plus élevé, proche de 1 900 pour 100 000 habitants au 25 mars. 

Mais alors faut-il s'inquiéter pour la santé des enfants ? Sont-ils davantage touchés que les adultes ? Les formes graves se sont-elles multipliées chez les plus jeunes ?

Un taux d'incidence proche de celui du reste de la population

Selon les derniers chiffres de Santé publique France, le taux d'incidence lissé sur sept jours chez les 10-19 ans s'élevait à 1 546 au 24 mars, soit légèrement plus que dans le reste de la population. A l'inverse, le taux d'incidence chez les moins de 10 ans était un peu inférieur, avec 978 cas par semaine pour 100 000 enfants. Le virus circule donc dans les mêmes proportions chez les mineurs et chez les adultes.

En revanche, si l'on élargit à l'ensemble de la cinquième vague, c'est-à-dire depuis début novembre, les enfants ont en effet été davantage contaminés : le taux d'incidence chez les 10-19 ans a frôlé les 7 000 au plus fort de la vague, près de deux fois plus que la population dans son ensemble. Il s'agit de la classe d'âge ayant atteint le taux d'incidence le plus important, juste devant les moins de 10 ans. Cela peut s'expliquer par le protocole mis en place à ce moment-là à l'école, qui nécessitait de tester l'ensemble des élèves de la classe à trois reprises lorsqu'un enfant était positif. Ce protocole a été allégé et un seul test est aujourd'hui nécessaire pour les camarades de classe de l'élève positif au Covid.

Une hausse des hospitalisations à relativiser

Au-delà des cas positifs, c'est surtout le risque de forme grave qui inquiète les parents. Le nombre d'enfants positifs au Covid et hospitalisés est en effet beaucoup plus important depuis le début de la cinquième vague que lors des précédentes. A la fin du mois de janvier, plus de 1 150 enfants étaient hospitalisés avec le Covid, alors que ce chiffre n'avait jamais dépassé les 200 auparavant. Au 24 mars, 501 enfants étaient encore hospitalisés avec le Covid.

Si cette hausse importante peut inquiéter, il faut malgré tout relativiser ces chiffres : les 501 personnes de moins de 20 ans hospitalisées au 24 mars ne représentent que 2% des 20 000 personnes hospitalisées avec le Covid. De plus, ces chiffres comptabilisent l'ensemble des personnes admises à l'hôpital avec le Covid, mais ils ne précisent pas si c'est cette maladie qui est la raison principale de leur hospitalisation. Un enfant hospitalisé pour une autre raison, mais testé positif lors de son arrivée à l'hôpital, est donc comptabilisé dans ces chiffres. 

Un point retient cependant l'attention : la hausse du nombre de cas de Pims (syndrome inflammatoire multisystémique pédiatrique). Il s'agit d'une complication sévère qui se caractérise, selon la Haute Autorité de santé, par "une fièvre élevée, une altération marquée de l'état de santé général et des signes digestifs". Santé publique France note dans son dernier rapport du 24 février "une très nette augmentation du nombre des cas de Pims depuis début décembre 2021 et ce nombre reste élevé début 2022”. Dans le détail, 226 cas de Pims en lien avec le Covid ont été recensés entre le 21 novembre 2021 et le 20 février 2022, soit plus d'un quart de l'ensemble des cas de Pims depuis le début de la pandémie.

"L'effet de l'épidémie de grippe sur la fréquentation des urgences pédiatriques a été beaucoup plus spectaculaire que celui du Covid", nuance cependant Christèle Gras-Le Guen, présidente de la Société française de pédiatrie, contactée par franceinfo. "Le Covid n'est vraiment pas un problème pédiatrique majeur." Selon le dernier bulletin Oscour de SPF, un peu moins de 1 000 enfants de moins de 15 ans sont passés aux urgences pour suspicion de Covid la semaine du 14 au 20 mars, contre plus de 4 000 pour la grippe.

Des incertitudes sur le Covid long

Le Covid long désigne la persistance des symptômes du Covid durant au moins douze semaines à la suite d'une infection. Pour les enfants comme pour les adultes, des incertitudes persistent sur cette maladie car il est souvent difficile d'attribuer ou non au Covid des symptômes intervenant plusieurs semaines ou mois après l'infection. Les conclusions des différentes études s'accordent à dire que les enfants peuvent souffrir de cette pathologie, mais les chiffres avancés varient fortement.

Au début du mois de mars, une étude britannique (en anglais) se voulait plutôt rassurante en estimant que seulement 1% des 5-11 ans et 3% des 11-18 ans souffraient de Covid long. Mais une étude américaine (en anglais), publiée le 13 mars, affirme que plus d'un quart des enfants présentent des symptômes de Covid long après leur infection. En France, la Haute Autorité de santé estime de son côté que la fréquence du Covid long est moins importante chez les enfants que chez les adultes, et que 2 à 5% des enfants en souffrent après avoir contracté le Covid. 

Les décès d'enfants restent exceptionnels

Les décès liés au Covid chez les moins de 20 ans sont extrêmement rares, mais ont augmenté ces derniers mois par rapport au début de l'épidémie. Depuis le 1er novembre 2021, début de la cinquième vague, 27 décès de personnes de moins de 20 ans positives au Covid ont été recensés, soit plus que les 20 décès répertoriés durant les quatre précédentes vagues, selon les chiffres de Santé publique France. Quatre enfants sont morts alors qu'ils étaient infectés depuis le début du mois de mars.

Comme sur les hospitalisations, Christèle Gras-Le Guen se veut rassurante : "La cinquième vague a contaminé bien plus d'enfants que les précédentes, donc on a pu avoir des enfants qui sont décédés d'autre chose après avoir été testés positifs. Il y a également des enfants atteints de maladies chroniques, chez qui la fièvre due au Covid a pu déclencher une crise de la maladie et causer in fine le décès. Mais les parcours d'enfants semblables à ceux des adultes, avec un décès lié seulement au Covid-19, sont extrêmement rares, voire presque inexistants."

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