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"Il n'y a pas de raison de fermer" : dans la Meuse, la fermeture des marchés pas toujours comprise

À Bar-le-Duc, le marché couvert a pu ouvrir mardi 24 mars, malgré les mesures de durcissement du confinement pour cause de coronavirus. Chaque ouverture de marché est désormais soumise à une autorisation du Préfet. 

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Radio France
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Le marché couvert de Bar-le-Duc était le seul ouvert du département de la Meuse, mardi 24 mars 2020.  (BENJAMIN THUAU / RADIO FRANCE)

Face à l'épidémie de coronavirus, le gouvernement durcit le ton. Le Premier ministre, Édouard Philippe a annoncé lundi 23 mars un durcissement des règles de confinement, incluant la fermeture des marchés. 

"La tenue des marchés, couverts ou non et quel qu'en soit l'objet, est interdite", précise le décret. Les préfets peuvent toutefois autoriser certains marchés alimentaires. Dans le département de la Meuse, le marché couvert de Bar-le-Duc était le seul à ouvrir, mardi 24 mars.

Fromagers, poissonniers, vendeurs de fruits et légumes et bouchers, comme Joël Larminy, ont donc pu ouvrir leurs étals, mardi. Le commerçant a du mal à comprendre cette nouvelle mesure de restriction : "Que vous alliez dans ce marché ou dans une grande surface, c'est strictement la même chose. Si on laisse les grandes surfaces ouvertes, je ne vois pas pourquoi on ne laisserait pas les marchés ouverts."

Des clients déboussolés 

Pour le client, difficile aussi de s'y retrouver. Le marché couvert de Bar-le-Duc était donc ouvert ce mardi, mais les allées sont restées quasiment vides. Claudine, 76 ans, vient ici chaque semaine. "C'est confus, je trouve, on ne sait pas trop ce qui est autorisé et ce qui ne l'est pas. Si il n'y a plus de marché, on fera autrement, mais moi j'ai mes habitudes au marché", déplore la septuagénaire. 

Le marché de Bar-le-Duc (Meuse), le 24 mars 2020. (BENJAMIN THUAU / RADIO FRANCE)

Pour l’instant, seul ce marché couvert de Bar-le-Duc a le droit d’ouvrir. Pour les autres communes, celles où le marché est "le seul moyen d’avoir accès à des produits frais dans le village", les demandes des maires, motivées et étayées, seront examinées dans les heures et les jours qui viennent. 

Des décisions au cas par cas 

À Bar-le-Duc, Nicolas Husson, le fromager, espère de son côté qu’il va pouvoir continuer à travailler : "Il n'y a pas de raison de fermer, bien au contraire, puisque ce sont les commerçants qui sont les seuls habilités à saisir les marchandises et à servir les clients, alors que dans les grandes surfaces, les gens manipulent tout et n'importe quoi dans les rayons". Pour le commerçant, le gouvernement a pris cette décision après avoir vu "les images des marchés en banlieue parisienne ou dans les grandes agglomérations où les gens ne respectent pas du tout les distances de sécurité"

Sauf qu'à l’heure actuelle c’est le préfet qui décide. À une centaine de kilomètres de Bar-le-Duc, dans la petite commune de Montmédy, comme tous les mardis, c’est jour de marché. Ce 24 mars, des commerçants sont venus comme à leur habitude, et n’étaient pas au courant de l’annonce faite hier soir par le Premier ministre. La police a dû leur demander de partir. 
 

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