Guadeloupe : le CHU de Pointe-à-Pitre confronté à "une guerre d'usure" et "des actes de malveillance très regrettables"

Cédric Zolezzi, le directeur général adjoint du CHU de Pointe-à-Pitre, en Guadeloupe, dénonce des "menaces de morts contre le directeur" ou encore "des accès à certains services bloqués".

Article rédigé par
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 1 min.
Le CHU de Pointe-a-Pitre en Guadeloupe. (CARLA BERNHARDT / AFP)

"Nous sommes dans une situation de guerre d'usure à l'intérieur de l'établissement", a estimé lundi 11 octobre sur franceinfo Cédric Zolezzi, le directeur général adjoint du CHU de Pointe-à-Pitre, en Guadeloupe. "Cela se manifeste par des actes de malveillance très regrettables que nous dénonçons fermement", a-t-il poursuivi, alors que les tensions restent vives autour de l'obligation vaccinale des soignants. "Il y a eu des menaces de mort contre le directeur, des voies encombrées par des troncs d'arbres, des accès à certains services bloqués, des lits de patients entassés, la direction des ressources humaines a été salie avec de l'huile de vidange", a-t-il détaillé. "Nous ne mettons pas en cause le personnel soignant qui n'est pas vacciné et qui aurait plutôt besoin de communication, d'explications supplémentaires", concernant le vaccin, a toutefois indiqué Cédric Zolezzi.

Une quatrième vague comparable à "un tsunami cataclysmique"

Selon lui, les médecins, les internes ainsi que le personnel d'encadrements du CHU de Pointe-à-Pitre sont vaccinés à hauteur de 89%, alors que les autres personnels soignants le sont à hauteur de 40 à 50%. "Il y a encore un travail de conviction à mener", a-t-il constaté, espérant "poursuivre les régularisations dans les meilleurs délais." Cédric Zolezzi reconnait que "le dialogue est difficile" tout en précisant que "la porte de la direction reste constamment ouverte". "Mais nous n'avons pas le pouvoir de suspendre une loi qui s'applique sur tout le territoire de la République", a-t-il ajouté. Par ailleurs, il a dénoncé le paradoxe "injustifiable" et "inacceptable" qui supposerait d'exiger le pass sanitaire de patients qui viendraient se faire soigner par du personnel soignant non vacciné. "Pourquoi, en Guadeloupe, accepterait-on cette situation de discrimination ?"

Le directeur général adjoint du CHU de Pointe-à-Pitre a également fait part de son incompréhension vis-à-vis de la situation sanitaire en Guadeloupe, où la quatrième vague a été "particulièrement difficile avec un tsunami cataclysmique", "un taux d'incidence en population générale qui est monté jusqu'à 2 300 et 300 morts en très peu de temps au sein de l'établissement". "Tout cela aurait dû nous faire prendre conscience collectivement que la vaccination était la solution", a-t-il affirmé.

Prolongez votre lecture autour de ce sujet

tout l'univers Covid-19

Commentaires

Connectez-vous à votre compte franceinfo pour participer à la conversation.