Grève dans les maisons de retraites Korian : "On attend la prime Macron et celle d'Olivier Véran", explique un délégué CGT

On leur avait promis deux primes et ils n'en ont touché aucune. "On sera intraitables là-dessus", affirme le représentant. "Mais au-delà des primes, on veut une véritable revalorisation des salaires", ajoute-t-il.

Un Ehpad Korian à Mulhouse en Alsace (photo d\'illustration).
Un Ehpad Korian à Mulhouse en Alsace (photo d'illustration). (JEAN-FRAN?OIS FREY / MAXPPP)

La CGT, FO et SUD appellent les personnels des maisons de retraite Korian à faire grève et à se rassembler devant les établissements du groupe lundi 25 mai pour réclamer notamment le versement de primes et une revalorisation des salaires. "On attend la prime Macron et celle d'Olivier Véran et on sera intraitables là-dessus", a déclaré sur franceinfo Albert Papadacci, délégué syndical central CGT.

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franceinfo : Comment vont les personnels ?

Albert Papadacci : Ils sont épuisés physiquement et moralement, avec un climat anxiogène parce que l'épidémie n'est pas terminée. Ils et elles ont peur d'attraper ce virus, de le transmettre à leurs familles, aux résidents. C'est un climat très difficile et c'est pour ça qu'il y a de la colère et que ce mouvement de grève a été initié. Le mouvement marche très bien, on a beaucoup de remontées.

Vous réclamez notamment des primes. Qu'en est-il ?

On nous a promis deux primes. La première, promise par Korian à grand renfort de publicité sur les ondes ou dans les journaux, qui était la prime Macron de 1 000 euros. Au départ, c'était 1 000 euros pour l'ensemble des salariés. Il s'avère qu'en négociation on nous a dit que c'était une prime qui pouvait aller jusqu'à 1 000 euros avec des critères d'attribution qui sont fait pour que le moins de monde la touche. On devait l'avoir en mai, maintenant on doit l'avoir en juin, mais on n'a toujours pas les critères. La deuxième prime est celle annoncée par Olivier Véran, de 1 500 euros pour les établissements des départements classés rouge et de 1 000 euros pour les établissements des départements classés vert. Le décret n'est toujours pas sorti et on ne sait pas si on va l'avoir parce qu'on ne nous en parle pas. On attend ces deux primes et on sera intraitables là-dessus. Mais au-delà des primes, on veut une véritable revalorisation des salaires.

Oui, on a les salaires les plus bas et le ratio d'encadrement le plus bas. On a un ratio d'encadrement à 0,6, c'est-à-dire six salariés pour 10 résidents en comptant les services administratifs, la restauration. Albert Papadacci, délégué syndical central CGTà franceinfo

Vos salaires sont-ils les plus bas de l'OCDE ?

On estime qu'une soignante a entre 10 et 12 résidents par jour à s'occuper. Une infirmière peut avoir jusqu'à 50 à 60 résidents par jour à s'occuper. C'est intenable. Dans les pays nordiques c'est une aide-soignante pour quatre à cinq résidents

Vous appartenez à un groupe privé. Pourquoi serait-ce à l'État de décider de vos salaires ?

C'est quand même l'État qui finance à 50% le chiffre d'affaires des Ehpad privés lucratifs. Ils sont financés pour les salaires et les soins par les conseils départementaux et les ARS à hauteur de 50% de leur chiffre d'affaires. L'entreprise, avec les moyens qu'ils ont le reste à charge, peut investir beaucoup plus dans les salariés et beaucoup plus dans les salaires. L'État ne les fixe pas, c'est la convention collective.