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Fermetures des restaurants, cafés et bars : "Je ne comprends pas cet affolement sur 24 heures", réagissent les professionnels

Edouard Philippe a annoncé la fermeture dès minuit et "jusqu'à nouvel ordre" des lieux recevant du public "non indispensables à la vie du pays".

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Radio France
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Un bar dans le quartier Pigalle, à Paris (illustration). (ARNAUD JOURNOIS / MAXPPP)

"On a confiance dans les autorités de santé, cette décision n'est absolument pas contestable vu la situation sanitaire", a déclaré samedi 14 mars sur franceinfo Dominique Carlac'h, porte-parole du Medef, après l'annonce d'Edouard Philippe de fermer tous les commerces "non-essentiels" à partir de minuit pour lutter contre la propagation du coronavirus.

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La vice-présidente du syndicat patronal tient à apporter son "soutien à tous les commerçants et à tous les entrepreneurs qu'il va falloir aider". Elle réclame "des mesures très rapidement pour tous ces entrepreneurs et commerçants impactés", appelant à "s'inspirer de nos voisins, qui ont un temps d'avance sur nous", citant l'Italie et l'Allemagne.

S'il n'y a plus d'activités, ça peut dire la mort de certains commerces et certaines entreprises.

Dominique Carlac'h, porte-parole du Medef

à franceinfo

Dominique Carlac'h indique attendre du gouvernement que "l'on puisse faire en sorte que les entreprises qui vont être touchées par ces fermetures puissent être accompagnées pour passer ces quelques semaines difficiles". avertit-elle. Si elle salue les mesures déjà mises en place, comme "les reports de charges, notamment avec l'Urssaf", la porte-parole du Medef appelle désormais à "aller un peu plus loin" : "Toutes les charges, il faut les reporter, il va probablement falloir exonérer certains secteurs les plus impactés", propose-t-elle. Pour Dominique Carlac'h, "il y a trois priorités : freiner l'épidémie, sauver les entreprises les plus impactées et protéger les salariés".

"J'appelle les Français à ne pas aller voter"

"Je ne comprends pas cet affolement sur 24 heures", réagit sur franceinfo le vice-président de l'UMIH Restauration, Jean Terlon. Il se dit "en colère", estime que "c'est une catastrophe, parce que les réservations sont là" dimanche, et assure comprendre "le côté sanitaire, [il] ne conteste absolument pas tout ça".

C'est la manière qui nous plaît pas, à 19h, [quand] on est en plein service. Il y a le chômage technique pour les salariés, on verra bien comment ça va être payé.

Jean Terlon, président de l'UMIH Restauration

à franceinfo

Le vice-président de la branche Restauration de l'UMIH assure que "des gens vont perdre leur entreprise". Il s'interroge par ailleurs sur le sort de la marchandise déjà en stock : "Que fait-on de la marchandise ? Qui nous la paye ?", questionne-t-il.

Pour Jean Terlon, ce sont "des décisions qui auraient pu être réfléchies", le gouvernement aurait dû, selon lui, "demander aux professionnels si on ne pouvait pas attendre 24 heures". Il dit ne pas comprendre pourquoi les élections municipales sont elles maintenues "alors qu'il ne faut pas que les gens se côtoient" : "J'appelle les Français à ne pas aller voter", s'emporte-t-il.

Cette décision de fermer les restaurants, cafés et discothèques est pour Jean Terlon "incroyable" et vient s'ajouter à plusieurs mois difficiles pour les commerçants : "On a eu les gilets jaunes et les grèves, qui viennent bien nous plomber nos établissements en l'espace de quelques mois, c'est quand même une catastrophe".

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