Fatigue des soignants après l'épidémie de coronavirus : "Quand on donne, à la fin on s'effondre", explique un médecin

Le médecin et président d'une association de soutien aux soignants Éric Henry milite pour un management plus doux et bienveillant à l'hôpital.

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Radio France
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Une soignante dans un couloir de l'hôpital Saint-Louis, à Paris, en mai 2020. (MARTIN BUREAU / AFP)

"On a demandé à tous ces soignants de multiplier par deux leur présence, de multiplier la puissance de ce qu'ils faisaient, de donner, de donner, de donner" pendant l'épidémie de coronavirus, explique jeudi 30 juillet sur franceinfo Éric Henry, médecin généraliste et président de l'association SPS (soins aux professionnels de santé). "Ils ont donné, et quand on donne, à la fin, on s'effondre. On n'a plus d'énergie."

Le professionnel "invite tous les hôpitaux de France" à suivre l'exemple de la ville de Mulhouse (Haut-Rhin), très touchée par le Covid-19, où une unité du centre hospitalier est dédiée à la prise en charge de la souffrance du personnel soignant. "Il faut qu'en ville, nous mettions en place des prises en charge bien plus larges que les soignants des hôpitaux", ajoute le médecin, dont l'association a créé le "réseau national social du risque psychosocial". Selon lui, "la clé de la solution" réside dans le management.

Le management était très toxique dans les 20 dernières années à l'hôpital. Je pense qu'il faut que le management change et devienne empathique, sympathique, participatif.

Éric Henry

à franceinfo

Le spectre de la souffrance des soignants est large, détaille le médecin. "Il y a la dépression du manager : quand on a fait un projet à fond, quand le projet s'arrête, tout s'effondre", explique Éric Henry. "Il y a l'épuisement professionnel des gens qui ont tellement donné qu'ils ont vidé la carcasse, il y a aussi tous ceux qui regardaient la chose, tous ceux qui ont vu les morts passer, tous ceux qui ont eu peur de mourir", sans oublier "le monde libéral", qui "maintenant se retrouve submergé par l'épidémie". Le médecin évoque "ceux qui sont morts" et leurs familles, mais aussi la "double-peine" des soignants qui ont contracté le virus.

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