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Face au coronavirus la vente en ligne de cannabis décolle au Canada

C'est un effet inattendu du confinement dans ce pays qui a légalisé cette drogue.

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Un plan de cannabis. Photos d\'illutsration.
Un plan de cannabis. Photos d'illutsration. (RAUL MARTINEZ / EFE)

Ça a commencé samedi 14 mars, d’abord dans les magasins, puisque la vente du cannabis a été légalisée il y a un an et demi au Canada. Et en l’espace de quelques mois, des milliers de boutiques ont fait leur apparition dans tout le pays. Samedi, on a donc vu les files d’attente s’allonger devant les magasins spécialisés, comme par exemple à Montréal. Dans certaines provinces du pays comme l’Ontario ou l’Alberta, les ventes ont fortement augmenté, plus de 80% par rapport à d’habitude. C’est un peu moins flagrant en Colombie Britannique, sur la côte pacifique, avec une hausse plus proche de 20%.

Mais cette vente en boutique pose des problèmes de "distanciation sociale". Les magasins ont donc d'abord interdit le paiement en argent comptant, puis tous les caissiers ont été équipés de gants. Et ce mercredi 18 mars, l’une des principales chaînes de vente a décidé de fermer ses boutiques purement et simplement par mesure de prudence. Dans la Province de l’Ile du Prince Edouard, sur la côte Atlantique, le gouvernement régional a, d’autorité, fermé tous les magasins de vente de cannabis et d’alcool. D’autres provinces pourraient suivre. Conséquence immédiate : la vente en ligne a donc doublé depuis 48h. Et les "grossistes" assurent qu’il n’y a aucun risque de pénurie. 

Des réserves de cannabis pour faire face au confinement

Et c'est parce que le Canada se dirige lui aussi vers le confinement que les consommateurs de cannabis font des réserves pour tenir plusieurs semaines.  Comme d’autres font des stocks de pâtes ou de riz. Il y aurait aussi quelques nouveaux clients, attirés par la réputation déstressante de cette drogue. Ces derniers jours, le Canada a durci progressivement ses mesures contre le coronavirus, un peu comme tout le monde.

Le pays, qui compte 36 millions d’habitants, a recensé un peu plus de 700 cas de personnes contaminées, dont l’épouse du premier ministre Justin Trudeau. On dénombre également 9 morts. Et comme partout le chiffre augmente. Du coup, les frontières viennent d’être fermées pour tous les résidents non canadiens : la mesure est mise en œuvre ce jeudi 19 mars au soir. Les écoles, les collèges, les universités sont désormais fermées pour au moins deux semaines, comme en France. Même chose pour de nombreux commerces comme les bars ou les cinémas.  

Pas d'explosion de la consommation depuis la légalisation

La question d'un risque pour la santé publique ne se pose pas en ces termes au Canada. Puisque le cannabis à usage récréatif est légal, depuis octobre 2018. Ce n’est donc pas considéré comme une drogue. C’est le deuxième pays au monde, après l’Uruguay, à avoir adopté cette mesure. Chaque mois, selon les statistiques officielles, 6 millions d’unités de cannabis à fumer sont vendues dans le pays.

La légalisation n’a pas provoqué d’explosion de la consommation. Elle a juste rapporté de l’argent aux différentes provinces qui gèrent chacune la vente du cannabis : des rentrées fiscales à hauteur de 600 millions d’euros l’an dernier, deux fois moins que les rentrées attendues.

En revanche, la vente en ligne était jusqu’à présent très limitée, seulement 6% du total. Tout simplement parce que les boutiques se sont multipliées : 1 Canadien sur 2 possède un point de vente à moins de 10 kms de chez lui. Avec le confinement, les choses vont donc sans doute changer : la vente en ligne est partie pour décoller.

Un plan de cannabis. Photos d\'illutsration.
Un plan de cannabis. Photos d'illutsration. (RAUL MARTINEZ / EFE)