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Face au confinement de la population à cause du coronavirus, certaines personnes ont "un déni qui peut être lié à la peur", explique une psychopraticienne

Virginie Limousin estime que le confinement de la population est "une situation complètement extraordinaire pour la population" qui peut provoquer "un déni"

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Radio France
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De nombreuses personnes n'ont pas restpectées, dimanche 15 mars 2020, les recommandations de confinement comme ici sur les quais du canal Saint-Martin à Paris. (THOMAS SAMSON / AFP)

Malgré les consignes de "distanciation sociale" édictées par le gouvernement, des familles sont allées, dimanche 15 mars, se promener dans les jardins et parcs notamment à Paris. Virginie Limousin, psychopraticienne, auteur de Colère et retour au calme aux éditions Nathan, a expliqué lundi 16 mars sur franceinfo que ce comportement pouvait s'expliquer par "une situation complètement extraordinaire pour la population. Et à tout âge, nous allons avoir à nous adapter à une situation qui nous est complètement étrangère et inconnue".

"Une étape de deuil"

Le gouvernement va peut-être durcir les contraintes et imposer un confinement total pour ralentir l'épidémie de coronavirus, d'autant que les recommandations émises par le gouvernement ne sont pas respectées. L'idée du confinement de la population peut générer du stress chez certains, du coup, selon Virginie Limousin, "on a à passer par une étape de deuil", avant d'"accepter de se confiner alors qu'on a envie de bouger et qu'on voit les bourgeons sur les arbres. Pour certaines personnes ça va passer pour un déni. Le déni peut être lié à l'émotion de peur", a-t-elle poursuivi.

"On va naturellement avoir l'émotion de peur qui se déclenche face à l'inconnu et face à un danger potentiel, poursuit la psychopraticienne. C'est naturel de ressentir une forme de peur avec une intensité variable selon les personnes". Pour Virginie Limousin, "quand l'émotion de peur se déclenche dans notre corps, pour certains cela va déclencher de l'agressivité, de la mise en mouvement ou de l'action, comme par exemple aller dévaliser les magasins ou avoir peur du voisin d'un seul coup". Selon elle, on peut aussi "avoir du repli sur soi, du figement, de la fuite" ou vouloir "s'enfermer ou partir".

Il faut "garder un lien avec les amis et la famille"

"On a vraiment besoin d'utiliser notre cerveau préfrontalde rester dans la solidarité, la réflexion pour trouver comment on va pouvoir collectivement et individuellement s'adapter à cette situation si particulière",indique la psychopraticienne.Virginie Limousin conseille de "garder un lien, un attachement relationnel avec les amis et la famille".

"Quel que soit l'âge c'est ce dont on a tous besoin, pousuit-elle. Dans ce domaine, les ados sont au top, ils sont équipés avec leurs jeux connectés, même s'il va falloir faire attention à ne pas jouer plus que d'habitude. Virginie Limousin explique que "certains jeunes retraités ont pour la plupart suivi le mouvement ou alors c'est peut-être l'occasion de se mettre à chercher un peu plus à garder le lien avec sa communauté", même à distance.

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